3 Nov - 2016 | par Sportcom

Patinage de vitesse courte piste

Kim Boutin a trouvé son équilibre

Nouvelle

Montréal, 3 novembre 2016 – Tout comme l’année passée, Kim Boutin s’est classée deuxième des sélections nationales cet automne. La patineuse de vitesse de Sherbrooke est cependant à des lunes de l’état d’esprit dans lequel elle se trouvait à l’automne 2015.

Pourtant, Kim Boutin avait ensuite réalisé le meilleur résultat de sa jeune carrière, remportant la médaille d’argent au 1500 m de la Coupe du monde de Montréal, devant sa famille et ses amis.

Cette année-là, elle devenait la première représentante de la feuille d’érable à monter sur le podium. C’était la vedette du jour. Le lendemain, quand l’escale montréalaise a pris fin, toute sa belle énergie s’est écroulée.

« Ç’a beau avoir été la meilleure compétition internationale que j’ai faite, le dimanche, je pleurais. J’étais complètement à bout. Je ne voulais pas partir à Toronto pour la prochaine étape. Je n’allais pas bien. C’était une super belle fin de semaine, mais j’avais tout donné, et là, c’était trop », confie Kim Boutin.

Il faut dire qu’elle avait eu un rude été. Affectée par de sévères maux de dos, elle avait accumulé deux mois de retard sur ses coéquipières. Avec son entraîneur, elle avait tout de même pris la décision de tout mettre en œuvre pour qu’elle participe aux Coupes du monde de l’automne.

« J’étais complètement épuisée. Je m’en mettais beaucoup sur les épaules et je voulais montrer ce dont j’étais capable », raconte la patineuse de 21 ans.

Si son moral ne s’est pas amélioré à la Coupe du monde de Toronto, elle s’était quand même risquée à faire le voyage en Asie.

« Je ne pense pas que c’était la bonne décision, mais en même temps, ça m’a permis de voir que je n’en pouvais plus. Il n’y a pas eu de descente aux enfers, mais graduellement, ça se faisait sentir sur la glace. Et tranquillement, je ne faisais plus de finales. Je manquais de punch. »

Si bien qu’à son retour au Québec, Kim Boutin ne voulait plus rien savoir de son sport. 

« Je ne voulais plus patiner. On s’est assis avec l’équipe de soutien et je leur ai dit que j’avais envie d’arrêter, que j’étais brulée », explique-t-elle.

Repos, dodo… tricot!

La jeune athlète a donc pris la décision de faire l’impasse sur les compétitions hivernales. Elle n’a pas chaussé ses patins jusqu’au mois de juillet. « J’ai tricoté », indique Kim Boutin en riant quand on lui demande ce qu’elle a fait durant ces mois loin de l’aréna.

« J’en ai profité pour aller voir ma famille. J’avais des cours à l’école, mais je n’ai pas bourré mon horaire pour en avoir plus. J’avais vraiment besoin de prendre du temps pour moi, pour voir si je voulais encore patiner. »

Les longues lames l’ont cependant emporté sur le tricot et celle que son entraîneur surnommait Kimmi Gonzalez a recommencé l’entraînement. Avec une approche complètement différente cependant.

« Mon parcours a été tellement rapide. Je voulais constamment montrer que j’étais à la hauteur, que j’étais capable. Je voulais être partout, dans tout. Maintenant, je fais les choses pour moi. J’évite de me comparer. Je respecte les zones d’entraînement. »

Kim Boutin se sent aussi bien épaulée par les professionnels qui entourent l’équipe de haut niveau.

« Vraiment, je pense qu’ils n’ont pas voulu me perdre. Ils m’ont perdue une fois et je ne pense pas que ça va arriver de nouveau. Le suivi est extrêmement serré et tu le sens quand les gens veulent prendre soin de toi, que c’est d’abord toi avant les performances. Je le sens beaucoup. »

Durant son cheminement, Kim Boutin a également trouvé son futur métier. Elle étudie actuellement pour devenir éducatrice spécialisée. C’était très important pour elle de savoir où elle s’en allait une fois ses patins accrochés pour de bon. 

Elle a trouvé l’équilibre, dit-elle. Et cet équilibre a été gagnant aux sélections d’automne de l’équipe nationale. Elle a chauffé sa coéquipière Marianne St-Gelais et a même réussi à lui voler la vedette au 1000 m.

« J’ai vite retrouvé la flamme sur la glace. Je voulais aller vite et être la meilleure. Ce n’est pas pour rien qu’on fait du sport de haut niveau. Je ne croyais pas vraiment en mes chances de défier Marianne, mais elle a fait une erreur et j’en ai profité. Ça m’a donné confiance », explique celle qui souhaite constamment repousser ses limites.

Malgré ses performances impressionnantes, Kim Boutin ne veut pas trop s’emballer pour ce qui en est de ses objectifs.

 « Je sais que j’ai envie d’avoir des podiums, mais je veux y aller à mon rythme. À Montréal, j’avais dit aux médias que je voulais des podiums sur toutes mes distances. J’en ai atteint un, mais l’autre non, et ça m’a affectée », confie-t-elle.

La patineuse et ses coéquipiers de l’équipe canadienne seront en action à Calgary ce week-end pour la première étape du circuit de Coupes du monde. Elle sera sur la ligne de départ du 1000 et du 1500 m.

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