4 Mai - 2021 | par Luc Turgeon

Escrime

Marc-Antoine Blais-Bélanger saisit sa dernière chance

Photo: Fédération d'escrime du Québec

Montréal, 4 mai 2021 (Sportcom) – Un seul scénario pouvait encore permettre à l’escrimeur Marc-Antoine Blais-Bélanger de vivre ses premiers Jeux olympiques cet été. Cet objectif s’est concrétisé lorsqu’il a décroché la médaille d’or à l’épée individuelle des Championnats de qualification panaméricains, la fin de semaine dernière, à San José, au Costa Rica.

L’enjeu était donc de taille pour le Montréalais qui participait à une première compétition en plus d’un an. Les pays des Amériques pouvaient déléguer un athlète dans les catégories où ils n’avaient toujours aucun tireur qualifié.

« C’était une des compétitions où j’ai le plus ressenti de stress, mais je m’étais bien préparé et je savais ce que j’avais à faire dans les circonstances », a reconnu Blais-Bélanger d’entrée de jeu, en entrevue avec Sportcom.

À leur arrivée au Costa Rica, les compétiteurs ont dû se soumettre à un test de dépistage à la COVID-19 et attendre leur résultat dans leur chambre d’hôtel. L’entraîneur qui a accompagné Blais-Bélanger, Jacques Cardyn, a d’abord appris que le test de son protégé s’est révélé positif, jusqu’à ce que l’organisation découvre qu’il s’agissait d’une erreur.

« Mon entraîneur a bien géré, il m’en a seulement parlé quand la situation était réglée ! Je pense qu’il sentait que j’étais déjà assez nerveux comme ça ! »

Cette nervosité a d’ailleurs compliqué la tâche du Québécois en début de tournoi. « J’étais hyper stressé le matin et je ne me sentais pas comme moi-même. Les premiers matchs, je n’ai pas bien tiré. C’était comme si je n’osais pas et que je ne jouais pas mon escrime. J’avais trop peur de perdre. »

Classé 97e au monde, Marc-Antoine Blais-Bélanger a remporté quatre de ses six duels en ronde des poules. Il a ensuite vaincu le Dominicain Julio Benjamin 15-13, puis l’Argentin Jose Felix Dominguez 15-8 afin d’accéder à la demi-finale, où il a défait le Colombien John Edison Rodriguez au compte de 15-13.

« Ma dernière victoire en poule m’a donné de l’énergie pour entamer le tableau éliminatoire. Ça s’est amélioré chaque ronde et dans les derniers combats, je me sentais en parfait contrôle et ça s’est bien déroulé. »

En grande finale, Blais-Bélanger a eu le dessus sur la première tête de série de l’événement, le Cubain Yunior Reytor Venet, qui occupe le 42e rang du classement mondial.

« Il est très fort et il m’avait battu aux Jeux panaméricains en 2019. Au départ, ça me jouait dans la tête et j’ai tenté de l’oublier en me disant que c’était un nouvel affrontement, mais c’était tout de même présent », a confié le champion NCAA de 2018 à l’épée.

Blais-Bélanger, qui se qualifie d’escrimeur « extrêmement défensif », a voulu forcer son opposant à l’attaquer davantage pour le surprendre en contre-attaque. La stratégie a porté fruit et il l’a emporté 15-10.

« Quand j’ai gagné, ç’a été un choc complet. Ça m’a tellement frappé, je n’ai pas été capable de parler pendant environ cinq minutes ! Mon entraîneur et moi, on se regardait et on ne savait pas quoi dire. » – Marc-Antoine Blais-Bélanger

Des hauts et des bas

Inutile de préciser que la dernière année a été parsemée d’embûches pour Marc-Antoine Blais-Bélanger, qui s’entraînait à Montréal en composant avec les différentes restrictions sanitaires.

« Il y a eu des hauts et des bas. Certains moments ont été plus difficiles, mais nous avons réussi à nous adapter dans notre préparation pour y arriver, peu importe les circonstances », a mentionné Blais-Bélanger, qui compte maintenant peaufiner ses déplacements sur la piste en vue des Jeux olympiques de Tokyo.

Ces nombreux défis liés à la pandémie ont notamment mené son coéquipier Maxime Brinck-Croteau à annoncer sa retraite, en mars dernier.

« Il a toujours été un super bon coéquipier et nous nous sommes toujours entraidés. Ç’a été une perte de ne plus pouvoir m’entraîner avec lui puisqu’il est à Gatineau et que nous ne pouvions pas nous déplacer (de région) », a souligné Blais-Bélanger, qui sera le seul représentant canadien à prendre part au tournoi olympique à l’épée.

Il est le cinquième escrimeur québécois à répondre aux critères de sélection pour faire partie de la délégation canadienne. Shaul Gordon et Gabriella Page ont obtenu leur billet pour Tokyo au sabre, tandis que Maximilien Van Haaster et Alex Cai devraient logiquement être de la formation canadienne masculine au fleuret par équipes en raison du classement national.

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