13 Juil - 2021 | par Mathieu Fontaine

Or Série - Water-polo

« Rien n’allait m’arrêter » – Joëlle Békhazi

Nouvelle

Or Série

Water Polo Canada

Montréal, 13 juillet 2021 (Sportcom) – Seize ans après sa première sélection au sein de l’équipe nationale féminine de water-polo, Joëlle Békhazi réalisera enfin son plus grand rêve sportif en participant aux Jeux olympiques de Tokyo. La route a été longue et parsemée d’embûches, mais à un peu plus d’une semaine du moment tant attendu, la Québécoise sait qu’elle savourera chaque instant de son passage dans la capitale japonaise.

Des hauts et des bas, Joëlle Békhazi en a vécu une panoplie durant les quatre derniers cycles olympiques. Les nombreux efforts déployés et les milliers d’heures d’entraînement sont cependant sur le point de rapporter gros pour la formation canadienne, qui participera aux Jeux pour une première fois depuis 2004 (Athènes).

« Tous les instants crève-cœurs et tous les sacrifices qu’on a faits, c’est pour ça. À toutes les pratiques et à tous les moments, c’est rendu que je ne veux plus perdre une minute. Il faut tout, tout donner, parce que tu ne veux pas vivre avec des regrets. C’est comme ça que je vis mon été », a lancé Békhazi dans le cadre d’une entrevue à Sportcom, en juin dernier.

Les 16 derniers mois n’ont d’ailleurs pas été de tout repos pour la Montréalaise. D’abord, il y a eu le report des JO, une annonce qui a provoqué un mélange d’émotions. « Quand j’ai entendu que le Canada se retirait complètement, je n’étais pas prête pour ça. Dans mon cœur, je me suis dit ‘‘je ne suis juste pas supposée être là’’ (aux Jeux olympiques). C’était difficile pour moi de vivre ça, mais ça s’est replacé. »

En dépit de l’incertitude, Békhazi ne s’est jamais laissée abattre, et ce, peu importe la situation rencontrée, depuis le début de la pandémie. « Cette dernière année a été très différente, ce n’est pas ce qu’on planifiait, mais honnêtement, rien n’allait m’arrêter. »

Pour preuve, la médaillée d’argent de Jeux panaméricains de Lima (Pérou) n’a pas hésité à faire tous les sacrifices nécessaires pour s’assurer d’être fin prête pour ses premiers Olympiques. Après des mois d’entraînements virtuels, ses coéquipières et elle ont pu retrouver les installations de l’INS Québec à l’automne pour enfin amorcer leur « vraie » préparation.

Puis, en janvier, l’athlète de 34 ans a dû quitter son domicile l’espace de quelques mois pour former une « bulle » avec ses comparses. Rien cependant pour venir à bout de la motivation de Békhazi qui, sans une ni deux, s’est relogée à moins de dix minutes de chez elle.

« Après Noël, c’est là où on a décidé qu’il fallait commencer à jouer. Nous étions sept filles de Montréal et nous avons toutes déménagé ensemble pour être capables de conserver notre bulle et jouer avec du contact », a-t-elle expliqué.

« C’était un gros choc de laisser mon mari (pour quelques mois), mais dans ma tête, je savais que c’était la bonne chose à faire. (Après) quatre cycles olympiques, c’est quoi six mois de plus ? On voulait tout faire pour avoir la meilleure performance possible et c’était le meilleur moyen. C’était la bonne décision. » – Joëlle Békhazi

« Elle le mérite ! »

Retraitée de l’équipe nationale depuis un peu plus de neuf mois, Krystina Alogbo ne tarit pas d’éloges pour Joëlle Békhazi, avec qui elle a évolué tout au long de sa carrière senior. Pour l’ex-capitaine du Canada, la résilience et la persévérance sont deux des nombreuses qualités de sa bonne amie.  

« Quand elle est déterminée pour quelque chose, elle y va à 100%, there’s no stopping her ! Même s’il y a des moments plus difficiles, elle retrouve toujours la force d’y retourner. Je suis une grande fan de Joëlle et je lui dis toujours de le faire pour ce qu’elle croit et pour tout le monde qui croit en elle. Elle le mérite ! » a souligné Alogbo, qui poursuit sa carrière d’athlète et d’entraîneure avec le CSS Verona, en Italie.

Malgré la distance qui les sépare, les deux ex-coéquipières sont toujours en contact et elles ont conservé l’habitude de s’encourager l’une et l’autre. Dans les bons, comme dans les moins bons moments. 

« C’est dur de se parler avec la pandémie, le décalage et les horaires, mais quand on le fait, c’est comme si rien n’avait changé ! […] Je sais qu’elle a eu quelques moments plus difficiles dans les dernières années et elle aurait pu lâcher, mais elle est comme ça. Elle a du succès dans la vie parce qu’elle y va à fond. Ça, c’est Joëlle ! » a renchéri Alogbo.

Et même si elle ne sera pas aux JO, cette dernière a une pensée bien spéciale pour Békhazi à l’approche du premier match de l’équipe canadienne à Tokyo.

« Je lui souhaite qu’elle aille aux Jeux et qu’elle enjoy the ride ! Elle pense toujours aux autres et elle a tendance à s’oublier. J’aimerais qu’elle pense à elle pour ce moment-là. […] Tout le monde est fier d’elle et je lui souhaite de passer les prochaines semaines sans stress et qu’elle joue à son meilleur, qu’elle s’amuse. »

Joëlle Békhazi et Krystina Alogbo à leurs débuts avec l’équipe nationale, en 2005.
Photos: Michel Békhazi

En route vers Tokyo

Le 17 mai dernier, les membres de la formation nationale de water-polo ont entrepris la dernière étape de leur préparation en vue du tournoi olympique qui s’amorcera le 24 juillet, à l’occasion d’un match contre les Australiennes.

Après de courts passages en Californie et en Italie pour y disputer des matchs amicaux, les poloïstes de l’unifolié ont pris part à la Super finale de la Ligue mondiale, à Athènes. Elles ont alors baissé pavillon en finale de bronze devant les Russes, terminant le tournoi avec quatre victoires et deux revers. De quoi enthousiasmer la troupe de David Paradelo qui ne vise rien de moins que le podium à Tokyo.

Les Québécoises Axelle Crevier, Shae La Roche, Élyse Lemay Lavoie, Clara Vulpisi et Amanda Amorosa (remplaçante) feront aussi partie de l’équipe canadienne à Tokyo.

Photo: Comité olympique canadien

« Notre tournoi en Grèce a été très encourageant ! Avec la pandémie, on s’entraînait toutes seules et on a tiré avantage de ce temps pour travailler et finaliser notre système de jeu. Ce tournoi nous a donné de la confiance et nous a confirmé qu’on est sur la bonne voie. C’est certain qu’on a encore des choses à travailler, mais on est excitées et confiantes dans notre parcours. »

Victime d’une blessure à l’épaule gauche au printemps, Békhazi a eu l’occasion de renouer avec l’action tout juste avant le début de cette compétition. Quelques semaines plus tard, elle s’est montrée rassurante quant à son état de santé.

« Je reviens d’une blessure pas mal sérieuse et c’était bien d’être de retour après plus de deux mois. Je suis heureuse de dire que je vais bien et que je suis prête pour les Jeux. […] C’est motivant ! Mon corps suit un peu moins vite, mais ça n’empêche pas que ma tête et mon cœur le veulent autant. Mon cœur est tout le temps là. »

Peu importe ce qui attend Joëlle Békhazi à Tokyo, elle souhaite conserver que de bons souvenirs de ses Jeux olympiques, mais surtout, du processus qui l’a menée jusqu’au bout de ses ambitions.

« Je fais souvent des blagues avec ça, mais pour moi, le water-polo, c’est comme mon premier amour ! Je ne vais jamais l’oublier et tous les souvenirs seront toujours là. Dans ma tête, c’est toujours un but, un rêve », a-t-elle cité en guise de conclusion.

Pour l’heure, nul ne sait ce qui attend Joëlle Békhazi au niveau sportif après les JO de Tokyo. Mais le début de sa carrière comme ostéopathe, de même que la poursuite de ses activités en tant qu’entrepreneure chez Jolyn Canada, sa compagnie de maillots de bain, font partie des plans à court terme.

Qui sait ? Elle pourrait peut-être éventuellement réaliser un autre de ses rêves, soit celui de fonder une famille avec son mari.

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