Ski acrobatique (sauts) – Jeux olympiques
Ski acrobatique (sauts) – Jeux olympiques
Mark Blinch / COC
Livigno, 20 février 2026 (Sportcom) – Cinq vrilles : voilà ce qu’il fallait pour atteindre la super finale olympique des sauts, vendredi, à Livigno. Lewis Irving et Émile Nadeau ont tous deux tenté leur chance en première finale, mais sont arrivés juste à court, terminant respectivement septième et neuvième.
Les deux ont exécuté des manœuvres avec un coefficient de difficulté supérieur à 5,00 pour leur dernier saut du jour, avec à l’enjeu une place pour la super finale. Dans les deux cas, l’exécution dans les airs s’est bien déroulée, mais des pépins à l’atterrissage les ont exclus d’une place au tour suivant.
« Je m’en serais voulu de ne pas l’essayer. On l’a essayé et ç’a valu le coup. On le savait que le niveau allait être fort et on a attaqué toute la journée », a laissé tomber Irving en zone mixte après son passage bon pour 111,00 points.
« Il me manquait juste un peu de confiance dans l’ouverture de la double vrille, a-t-il poursuivi. La vitesse, le départ et la hauteur, tout était bon. J’avais la place pour faire mes vrilles, il me manquait juste un peu plus d’agressivité. »
Le vétéran de l’équipe canadienne, qui a confié avoir été dans un bon état d’esprit tout au long de la journée, a ainsi conclu en septième place. Un résultat qui, selon le principal intéressé, reflète beaucoup mieux ses qualités d’athlètes et les efforts déployés que ses 23e et 24e places obtenues lors des deux dernières éditions des JO.
« C’est définitivement mieux! a-t-il lancé. J’aurais aimé faire un autre saut, c’est certain, mais je suis très satisfait avec une septième place à mes troisièmes Jeux. Je n’ai jamais vu un niveau aussi relevé, et de loin! Dès les qualifications, voir cinq vrilles, c’est impressionnant. De voir autant de gars qui atterrissent ce genre de sauts, ça prouve que notre sport est en constante progression. »
Émile Nadeau en est un autre qui affichait un large sourire au terme de la compétition. Et pour cause, alors qu’il venait de tenter un saut de cinq vrilles sur la neige pour la toute première fois de sa carrière.
« Déjà là, je suis vraiment fier de moi et j’ai dépassé mes attentes. Je savais que ça prenait ça, alors je suis allé all in. Je pensais avoir un peu trop de hauteur dans les airs et j’ai ralenti ma rotation. C’est ce qui a causé le problème à l’atterrissage. Ça fait quelques mois que je le visualisais pour les Olympiques, alors j’étais prêt. J’étais confiant », a-t-il commenté en fin de journée.
L’athlète de 22 ans était d’autant plus fier de voir que le travail fait depuis sa sérieuse blessure au cou subie l’hiver dernier a porté ses fruits. Et, maintenant, il peut dire mission accomplie. « Ç’a tellement été difficile cet hiver. Mentalement, mon objectif était de terminer l’année en étant confiant en tournant mes skis sur le haut du saut. Ici, j’ai réussi à le faire, donc je suis vraiment content. »
Également inscrits à cette épreuve, Victor Primeau (14e) et Miha Fontaine (15e) n’ont pu atteindre la première finale, où les 12 skieurs étaient réunis.
Quelques heures plus tard, les six derniers athlètes en lice en ont mis plein la vue aux spectateurs présents au parc des bosses et de sauts de Livigno.
Le Chinois Xindi Wang a finalement eu le dernier mot sur ses rivaux avec une note de 132,60, pour rafler le titre olympique. Dernier sauteur à s’élancer, le Suisse Noe Roth pensait bien en avoir fait assez pour détrôner son rival, mais il est finalement monté sur la deuxième marche du podium avec 131,58 points. Le Chinois Tianma Li (123,93) a quant à lui été décoré de bronze.
Dans l’œil du coach
L’entraîneur canadien Jeff Bean était fier du travail accompli par ses athlètes au terme de la journée, et ce, même s’il aurait souhaité une super finale pour l’un de ses protégés.
« J’ai le même sentiment qu’avec Marion, a-t-il confié. C’était une compétition débile, mais on était là. Lewis a les sauts pour rentrer là-dedans et viser un podium, alors c’est sûr que ça reste difficile, même si je suis vraiment content du travail des gars. »
Le coach était d’ailleurs aux premières loges pour assister à la super finale, qui n’a laissé personne indifférent. La qualité des sauts offerts et le niveau démontré par les athlètes sont, selon lui, une étape atteignable pour ses athlètes.
« C’est impressionnant! Tous les sports progressent et c’est cool à voir. Ce qui est bon, c’est qu’on est dans la game. Ça me donne beaucoup de motivation et je pense déjà à mes plans pour les prochaines années. Je n’aime pas ça finir septième », a-t-il indiqué en riant.
L’épreuve par équipe mixte sera présentée samedi, en clôture des activités des sauts. Marion Thénault, Lewis Irving et Miha Fontaine, le trio qui avait été médaillé de bronze à Pékin il y a quatre ans, devraient représenter le Canada pour l’occasion.
« Demain, ça nous prend trois sauts atterris. Si jamais on a besoin d’un cinq vrilles, Lewis sera prêt. Mais en gros, ça prend surtout trois sauts atterris », a-t-il conclu avant d’aller retrouver les membres de sa formation.