Un scénario crève-cœur qui se répète
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Patinage de vitesse sur courte piste
Photo: Patinage de vitesse Canada
Montréal, 23 mars 2026 (Sportcom) – Stéphane Bronsard n’en était pas à son « premier rodéo » lors des Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste, mais bien à son dernier à titre de directeur général de l’événement.
Après 18 compétitions à occuper ce rôle, M. Bronsard est maintenant prêt à céder son siège du « chic » Aréna Maurice-Richard, comme il l’a qualifié en entrevue. Un poste qu’il occupait depuis les Championnats du monde de 2014. Il avait aussi porté les chapeaux de coordonnateur technique, directeur technique et coordonnateur général entre 2003 et 2014.
L’histoire de Stéphane Bronsard en patinage de vitesse courte piste remonte à plus loin et a débuté en Mauricie, en 1978, où il a patiné pendant cinq saisons. Il est ensuite devenu entraîneur, le premier du quadruple médaillé olympique Éric Bédard, puis a été engagé par Patinage de vitesse Québec en 1996.
« Stéphane a longtemps été mon bras droit. Mon fidèle lieutenant qui a le patin tatoué sur le cœur comme moi et sur qui je pouvais toujours compter », lance le directeur général de la fédération provinciale Robert Dubreuil.
Petit à petit, les responsabilités de Stéphane Bronsard ont évolué pour se concentrer dans l’événementiel. C’est avant les Jeux olympiques de Vancouver – où il était aussi impliqué – qu’il est devenu coordonnateur général, puis directeur par la suite.
« C’est un gars fiable, une valeur sûre. Avant de développer quelque chose, il va s’assurer que sa base est solide et y aller une étape à la fois. Ce n’est pas un vendeur de vent ! C’est un rassembleur capable de bien s’entourer et qui a une réelle confiance au monde qui l’entoure. Montréal a toujours été le berceau du courte piste et Stéphane a poursuivi le travail. Il a ajouté une belle constance en laquelle l’ISU (International Skating Union) a eu confiance pour ces événements importants », ajoute M. Dubreuil.
Cette confiance de la fédération internationale a été démontrée de bien des façons dans les dernières années. C’est au coin de la rue Viau et de l’avenue Pierre-de-Coubertin qu’ont été organisés les premiers Championnats des quatre continents en 2020 et c’est à cette même adresse que l’ISU s’est tournée lorsque l’étape du circuit mondial de Salt Lake City a dû être déplacée en 2024, avec une semaine de préavis.
Sans oublier la tenue de tous les Championnats du monde en année olympique depuis 2002, là où tous les yeux sont tournés vers le sport amateur et où la fédération internationale est plus occupée par les JO.
« Ils savent qu’on va se retrousser les manches et qu’on va livrer. Pendant qu’ils travaillent à temps plein sur les Jeux, nous, on travaille à temps plein sur les mondiaux. Ils n’auront aucune mauvaise surprise en arrivant à Montréal », vante M. Bronsard, qui se qualifie de grand parleur au passage. « Dans le sens que j’aime discuter avec les gens », précise-t-il en riant.
Chacun de ses commentaires est empreint d’une certaine humilité en entrevue, preuve d’un leadership éprouvé. Il ne rate aucune occasion de rappeler qu’il est loin d’être seul derrière ces événements internationaux. Il répète qu’il est bien entouré et que le mérite d’une compétition réussie revient à « toute [sa] gang », qui s’élevait à environ 250 personnes aux plus récents mondiaux.
Et comme le souligne Robert Dubreuil, la fidélisation des membres de son équipe en dit long sur les qualités de Stéphane Bronsard en tant que dirigeant, lui qui en a également retiré beaucoup de fierté tout au long de sa carrière.
« Je veux que les gens repartent avec le sourire, qu’ils aient du fun et qu’ils souhaitent revenir. Les gens donnent beaucoup d’heures ! Il faut prendre soin d’eux et s’assurer qu’ils sont à l’aise. En plus, ça va sonner égoïste, mais c’est plus facile pour moi quand les gens expérimentés reviennent chaque année », explique le patron.
D’un directeur sportif qui doit modifier un logo au centre de la patinoire au pinceau à Sherbrooke, en passant par des voitures et des autobus gelés à Saguenay en raison d’une température de -35° Celsius sans le facteur vent : les anecdotes ne manquent pas à Stéphane Bronsard.
Ces impondérables, typiques de l’événementiel, l’ont tenu aux aguets et illustrent bien ce qu’il a toujours apprécié du milieu. Encore cette année, la possibilité d’une panne de courant à la suite des pluies verglaçantes annoncées aurait pu forcer l’annulation des Championnats du monde, selon sa durée.
« Le sport a certainement évolué, mais c’est surtout passé d’une compétition internationale à un événement. Il y a une distinction à faire et je suis fier de le dire : on donne un excellent spectacle. Ça demande plus de coordination pour tout harmoniser, ça représente un défi de taille. Le lundi d’avant, on est déjà prêts ! Ça nous laissait une semaine pour déplacer une table ou tirer un rideau, c’est signe que ça va bien dans ce temps-là. »
Entre deux courses, Patinage de vitesse Canada a profité des Championnats du monde pour honorer Stéphane Bronsard et Anick Laprise, sa fidèle complice.
«Elle avait été engagée en 2006 et on ne s’est pas lâchés dans les 20 dernières années. Nos forces et nos faiblesses se combinaient très bien et on est devenus de très bons amis», mentionne M. Bronsard.
« Une belle collaboration » qui tiendra à jamais, puisque les deux Québécois ont été intronisés ensemble au Temple de la renommée de la fédération canadienne et chaudement applaudis par la foule de l’Aréna Maurice-Richard. « La cerise sur le sundae », conclut Stéphane Bronsard. Une semaine après les Championnats du monde, la nostalgie ne se faisait pas sentir chez l’ancien directeur général. Elle est tout de même attendue et risque d’être inévitable au début de la prochaine saison, au mois d’août, quand tout va se remettre en branle.
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