Montréal, 21 juillet 2026 (Sportcom) – Des parquets de basketball de la NCAA au podium des Championnats du monde de relais d’athlétisme. Voilà le parcours sportif atypique réalisé par la Montréalaise Donna Ntambue en quelques années à peine.
« C’est vrai que quand j’y pense, c’est exceptionnel », avance la principale intéressée en gardant les deux pieds bien sur terre.
Portrait d’une ancienne basketteuse prometteuse convertie en sprinteuse qui a aidé le Canada à remporter la médaille d’argent au 4×100 m féminin des Championnats du monde de relais d’athlétisme le printemps dernier.
Sur tous les terrains
Mardi 30 juin, la canicule est bien présente à Montréal. Cette chaude soirée est aussi celle de la Classique d’athlétisme de Montréal disputée au Complexe sportif Claude-Robillard.
Ntambue avait couru le 100 m dans les rondes préliminaires de l’après-midi, mais avait fait l’impasse sur la finale en soirée afin de ne pas aggraver une blessure. Sage décision pour celle s’imposera quelques jours plus tard à la rencontre de Québec en 11,28 s (vent illégal de 2,4 m/s). En ce mardi soir, la sprinteuse était tout de même en bordure de piste pour encourager ses amies et coéquipières du McGill Olympic Club et c’est à cette occasion que Sportcom l’a rencontrée.
Avant de devenir bachelière en études hispaniques et en économie à l’université montréalaise, Donna Ntambue avait touché à l’athlétisme pour ensuite se consacrer au basketball, sport dans lequel elle a brillé. Au niveau collégial, elle a été la première athlète à remporter les titres de joueuse, recrue et joueuse défensive de l’année du RSEQ, alors qu’elle portait les couleurs du Collège Montmorency.
Après, elle accède au circuit de la NCAA, d’abord à l’Université de l’Utah, où elle fait partie des équipes de basketball et d’athlétisme. Elle met ensuite le cap sur Boston à l’Université Northeastern. Avant ce passage aux États-Unis, elle avait porté les couleurs de l’équipe canadienne pendant trois ans, participant au passage à la Coupe du monde FIBA des moins de 17 ans, ainsi qu’à d’autres tournois internationaux.
« Je suis allée aux États-Unis et c’était vraiment différent et demandant mentalement. J’étais rendue à un dans un aspect de ma vie où j’aimais vraiment le basket, mais je voulais retourner à la maison et commencer quelque chose de nouveau. J’ai donc recommencé l’athlétisme et je suis retournée dans l’équipe nationale. C’est le même mindset que j’avais en basketball : il s’agit juste d’y croire. Je suis arrivée en athlétisme pour voir jusqu’où je pouvais aller et jusqu’où je peux continuer. »
Ce « jusqu’où », n’est visiblement pas encore atteint pour celle qui a fini cinquième du 100 m des Championnats canadiens de l’an dernier. Elle a connu quelques déceptions cette année, dont celle de ne pas avoir été retenue pour les Jeux du Commonwealth qui débutent cette semaine, mais elle se montre philosophe face à tout cela.
« C’est malheureux, mais je pense que ça fait partie de mon parcours. Je sais le potentiel que j’ai avec ce que j’ai pu faire aux Championnats du monde de relais. »
Courir à côté d’une légende
Parlons-en de ces Championnats du monde de relais. En mai dernier, à Gaborone, au Botswana, Donna Ntambue a fait équipe avec les Québécoises Audrey Leduc et Marie-Éloïse Leclair, ainsi qu’avec l’Ontarienne Sade McCreath, pour aider le Canada à finir deuxième au 4×100 m féminin, record national de 42,17 secondes à la clé.
McCreath s’est élancée du bloc de départ, Leduc était deuxième relayeuse et Leclair a suivi pour passer le témoin à Ntambue qui menait dans la dernière ligne droite. La Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah est revenue sur elle pour ensuite la dépasser dans les 50 derniers mètres. La Québécoise a tout de même pu résister à la remontée de la dernière relayeuse espagnole et préserver la deuxième place de son équipe.
La coureuse de 25 ans souligne qu’elle ne s’est pas sentie intimidée face à Thompson-Herah, cinq fois médaillée d’olympique, dont des doublés 100 m / 200 m aux Jeux de Rio et de Tokyo.
« J’aime ces moments et je travaille pour ces moments-là, donc quand je savais que je serais contre elle et je ne pensais même pas contre qui je courais. Je pensais à ce que je devais faire comme job pour mon équipe. […] J’étais confiante de finir la job que les filles avaient préparée pour moi. »
Après l’épreuve, les trois Québécoises se sont sautées dans les bras avant d’aller rapidement rejoindre McCreath, plus loin sur la piste, afin de poursuivre les célébrations.
« J’étais vraiment contente et je voulais vraiment qu’on batte l’Espagne. Je savais que la Jamaïque allait sûrement me rattraper, mais j’étais concentrée sur ce que je pouvais faire et courir le plus vite possible jusqu’à la ligne d’arrivée.
Audrey Leduc et Marie-Éloïse Leclerc étaient de la finale olympique au 4×100 m féminin il y a deux ans et leur coéquipière Sade McCreath a récemment battu le record national de Leduc au 100 m. Rarement le sprint canadien féminin a été en aussi bonne santé et c’est encore plus vrai pour les athlètes du Québec.
« Il y a vraiment une belle génération de Québécoises et beaucoup d’athlètes montantes. C’est vraiment intéressant, car ça pousse chacune à vouloir être meilleure pour viser des podiums aux prochains Championnats du monde et aux Jeux olympiques », souligne Donna Ntambue.
Qu’on lui ait confié le rôle de finisseuse aux mondiaux du printemps dernier ne pourra que la motiver davantage à rejoindre ce groupe restreint d’athlètes.
« Je pense que c’est juste un aperçu de ce que je peux faire. C’est vraiment une question de vraiment croire en soi. Il y aura des hauts et des bas, mais il faut continuer à pousser, parce que ce sont dans ces moments-là que tu vois ce que tu as fait pour en arriver-là. »
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