2 Déc - 2025 | par Louis-Michel Lelièvre

Bobsleigh

Ariane Chiasson amorce sa carrière avec éclat

Nouvelle

Courtoisie

Montréal, 2 décembre 2025 (Sportcom) – En septembre dernier, Ariane Chiasson est montée dans un bobsleigh pour la toute première fois de sa vie. Moins de trois mois plus tard, la voilà déjà avec deux médailles en Coupe nord-américaine et un objectif bien précis pour les Jeux olympiques de 2030.

Si elle a pratiqué de nombreux sports auparavant, Chiasson n’avait jamais envisagé une carrière en bobsleigh jusqu’à tout récemment lorsque son entraîneur d’haltérophilie lui a lancé l’idée. Elle s’est alors immédiatement lancée dans l’aventure sans hésitation.

« Ça faisait plus de quatre que j’avais pris ma retraite des sports, notamment en raison des blessures et je m’étais plutôt tournée vers l’entraînement fonctionnel comme le CrossFit et l’haltérophilie pour continuer à me tenir en forme. Le soccer a toujours été mon sport préféré, j’ai aussi fait de la gymnastique, j’ai joué au football américain au secondaire, mais je ne jouais pas énormément étant donné que j’étais une fille (dans une équipe de garçons). J’ai essayé le flag football, les arts martiaux et le softball. Je suis une fille de défis. Je ne croyais pas que ma carrière était terminée et je voulais voir toutes mes options. », a raconté Ariane Chiasson à Sportcom.

« Un entraîneur m’a parlé du bobsleigh et je suis rapidement entrée en contact avec Kristen Bujnowski, une athlète canadienne qui habite à Lake Placid. Je suis allée essayer le bobsleigh avec elle là-bas dans une piste de pratique pour la poussée. J’ai vraiment aimé ça et je lui ai dit que j’aimerais revenir m’entraîner avec elle », a-t-elle ajouté.

Un apprentissage en accéléré

Après cette initiation, les choses ont déboulé très rapidement. Chiasson a fait ses bagages pour l’Ouest canadien afin de participer à un camp d’entraînement ainsi qu’aux sélections pour les équipes canadiennes.

« Kristen a parlé de moi aux entraîneurs afin que je puisse y participer, mais ce n’était pas certain que j’y sois, car je n’avais pas fait les deux premiers camps. Deux semaines plus tard, l’entraîneur m’a finalement invitée. Honnêtement, je ne comprenais rien à ce qui se passait. J’ai reçu l’appel le jeudi, le mercredi suivant je suis partie à Calgary et je ne suis toujours pas revenue à la maison depuis ! »

« C’était un gros risque. Il fallait que je prenne congé du travail et monétairement, c’est assez dispendieux aussi ! Je pense que c’est dans ma nature de foncer et de me lancer des défis comme celui-là. Je suis assez nomade, j’aime essayer de nouvelles choses, mais même si ça sortait de nulle part le bobsleigh, mes parents n’étaient pas vraiment surpris », a-t-elle raconté en riant.

À la première Coupe nord-américaine de la saison, Chiasson a été jumelée avec la pilote Bianca Ribi qui compte plus de six saisons d’expérience et qui a déjà remporté une médaille d’or en monobob en Coupe du monde.

Le duo a amorcé son partenariat en force avec une médaille d’or dès leur toute première épreuve. Il s’agissait également de la première course officielle de la carrière de Chiasson. Les Canadiennes ont récidivé le lendemain en montant cette fois sur la deuxième marche du podium où leurs compatriotes Erica Voss et Brynn McNabb l’ont emporté.

« C’est un peu fou ce qui se passe honnêtement ! Une victoire et une deuxième place, c’est quand même gros. Je ne croyais vraiment pas que c’était quelque chose de possible dès mes premières courses. Au début de la saison, je pensais que j’allais seulement être remplaçante dans l’équipe. Je suis vraiment contente, je m’attendais à une belle performance, mais jamais à une médaille d’or dès le départ », a mentionné Chiasson.

Grâce à son expérience en haltérophilie et en CrossFit, Ariane Chiasson s’est rapidement adaptée au rôle de freineuse, une position qui lui convient particulièrement lors de la poussée de départ. Aux Coupes nord-américaines à Whistler, Chiasson et Ribi ont d’ailleurs enregistré les départs les plus rapides à trois de leurs quatre descentes.

« C’était un peu une surprise, considérant que je n’ai pas encore de technique et que j’apprends toujours beaucoup. Ce qui me démarque, c’est vraiment plus la force et la puissance. Je n’ai aucune difficulté à faire bouger les 375 livres du bob, mais il va falloir que j’améliore ma technique de sprint », a-t-elle précisé.

Maintenant à Park City, en Utah, pour la deuxième manche de la Coupe nord-américaine, Chiasson formera un duo avec la pilote Erica Voss lors des courses du 3 et 4 décembre. La Québécoise de 26 ans croit que la piste qui a accueilli les Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002 pourrait lui sourire à nouveau.

« Je me suis fait dire que la piste de Park City était l’une des plus le fun ! Elle semble moins rapide que celle de Whistler, mais ça risque de moins brasser. C’est une piste plus à plat au début et la poussée est donc un peu plus importante ici. Nous allons encore viser le podium avec les équipes canadiennes, c’est certain. »

Partie du Québec depuis le mois d’octobre pour les camps et les compétitions, Ariane Chiasson aura l’occasion de revenir à la maison le temps de quelques heures seulement après la Coupe nord-américaine de Park City. Elle reprendra rapidement l’avion afin de se diriger cette fois vers Winterberg où elle participera à une Coupe européenne juste avant Noël.

La recrue sait que les possibilités de courir en Coupe du monde cette année sont plutôt minces, mais elle croit pertinemment qu’elle pourrait faire sa place dès l’an prochain. Elle ajoute également qu’elle ne s’est jamais sentie aussi près de son plus grand rêve : participer aux Jeux olympiques.

« Je suis chanceuse d’avoir la polyvalence de pratiquer plusieurs sports. J’ai longtemps cru que c’est le soccer qui me permettrait d’aller aux Jeux. Le bobsleigh est un sport où on se développe assez tard et où les athlètes ont pratiqué d’autres sports avant. Tous mes autres sports me servent énormément à me développer en bobsleigh. J’y crois aux Jeux olympiques ! Ce ne sera pas cette année, mais je suis certaine que ce sera possible dans quatre ans », a-t-elle conclu.

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