12 Jan - 2017 | par Sportcom

Paranatation

Aurélie Rivard : avoir 20 ans

Montréal, 12 janvier 2017 (Sportcom) – Aurélie Rivard a connu une semaine de rêve lors des Jeux paralympiques de Rio. Elle y a remporté quatre médailles, trois d’or et une d’argent, en plus d’abaisser deux marques mondiales et un record paralympique. Après cette récolte de médailles exceptionnelle, la paranageuse a été nommée porte-drapeau pour les cérémonies de clôture.

À son retour au pays, Aurélie désirait vivre des expériences qui n’impliquaient pas de suivre la ligne noire au fond de la piscine plusieurs heures par jour. Elle s’est donc octroyé un congé d’entraînement de quelques mois. Elle avait envie de vivre ce qu’elle appelle une « vie plus normale » et s’est inspirée de l’emploi du temps de sa sœur jumelle Charlotte, son modèle de vie équilibrée. Elle a profité de cette pause pour voyager « sans son sac de natation », voir ses amis et faire toutes les activités sociales que son programme d’entraînement des dernières années ne lui permettait pas. « Je ne voulais pas avoir l’impression d’être passée à côté de ma jeunesse. Je voulais profiter du fait d’avoir 20 ans. »

Mais après ses succès de l’été dernier, la vie de la reine des Jeux paralympiques est tout sauf ordinaire. Au cours de ses quelques mois loin des bassins, elle a vécu une vie fort différente de la routine de nageuse de haut niveau qui avait caractérisé toute son adolescence. « J’ai rencontré le Prince William et Kate Middleton. C’est quelque chose que peu de gens ont la chance de faire. »

Elle mentionne aussi avoir beaucoup voyagé à travers le pays pour assister à plusieurs événements. « J’ai été aussi occupée que lorsque je m’entraînais. J’ai donné des conférences, j’ai eu beaucoup de galas et d’apparitions médiatiques. »  Son fait saillant est toutefois d’être allée voir ses amis en Europe.

Maintenant de retour à l’entraînement depuis peu, la première étape est tout d’abord de regagner la forme. « Je veux prendre mon temps, je ne veux rien précipiter », dit celle dont le principal rendez-vous d’envergure cette année aura lieu en octobre 2017 à Mexico. « Mon objectif est de nager le plus vite possible. Je ne veux pas me mettre de pression. »

Un autre objectif sera de s’adapter aux changements qu’elle a décidé d’apporter à son environnement d’entraînement. La paranageuse de St-Jean-sur-Richelieu s’entraîne désormais à la piscine du Parc olympique. Ce changement, même s’il amène un certain défi, est aussi pour Aurélie une façon de repartir sur de nouvelles bases. « Quand je suis revenue de Rio, j’avais un peu l’impression d’avoir tout accompli, mais je ne veux pas conserver cette vision des choses, je veux aller plus loin. » Selon elle, les changements apportés à son entraînement seront une source de motivation et lui permettront de repartir pour le cycle paralympique avec un nouveau souffle.

En déménageant son entraînement au Parc olympique, Aurélie y rejoint le paranageur Benoît Huot, son mentor depuis ses débuts en paranatation. « Avant ma rencontre avec Benoît, je ne connaissais pas le sport paralympique ni le monde de la compétition. Il m’a donné le goût d’essayer le sport de haut niveau. Aujourd’hui, Benoît est non seulement un mentor, il est aussi un bon ami. »

L’apport de Huot à la carrière de la jeune paranageuse a également été déterminant aux Jeux de Rio. Ils participaient tous deux au 400 mètres libre de leur catégorie. « Avant notre 400 mètres, nous étions tous les deux très stressés dans la chambre d’appel. Il m’a donné le conseil qui m’a fait gagner la course. Il m’a dit d’arrêter de focaliser sur les autres nageuses et de me concentrer sur moi, sur ma stratégie et mon entraînement. » Ce soir-là, Aurélie a gagné sa troisième médaille d’or des Jeux et Benoît Huot a remporté le bronze, la vingtième médaille paralympique de sa carrière. « Nous avons tous les deux pleuré ensemble dans la zone médias après nos courses. »

L’année 2016 aura été marquante dans la vie d’Aurélie Rivard. Les trois derniers mois à l’extérieur de la piscine lui ont permis de confirmer qu’elle avait la motivation pour se renouveler et être encore plus rapide. En plus des Championnats du monde de paranatation en octobre 2017, elle a déjà en tête les Jeux du Commonwealth en avril 2018. D’ici les Championnats Can-Am de paranatation qui auront lieu du 31 mars au 2 avril à Windsor et qui serviront de sélections nationales, elle souhaite retrouver ses repères dans la piscine et s’adapter à son nouvel environnement d’entraînement.

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