20 Mai - 2026 | par Mathieu Laberge

Escrime

Les 24 heures chrono d’Olivier Desrosiers

Nouvelle

Instagram, Olivier Desrosiers

Montréal, 20 mai 2026 (Sportcom) – Il a vécu sa première expérience olympique à Paris, en 2024. Arrivé dans la capitale française à titre de substitut, l’escrimeur Olivier Desrosiers a fait son entrée sur les pistes du Grand Palais à la compétition masculine de sabre par équipe. Deux ans plus tard, l’escrimeur de 21 ans demeure pleinement engagé dans son sport et ses études universitaires en physiothérapie.

« C’était un beau préambule pour LA 2028 et le but à Los Angeles sera plus de performer. Je sens que j’ai de l’expérience et là, je veux faire la compétition individuelle pour performer et avoir un bon résultat », note-t-il d’entrée de jeu.

Et ce n’est pas son horaire réglé au quart de tour et digne de celui d’un premier ministre qui va le ralentir.

Bien au contraire.

Maximiser sa journée

L’image que l’on se fait d’un étudiant-athlète est plutôt vague. Un dimanche de janvier dernier, l’escrimeur de Rosemère revenait d’une Coupe du monde disputée à Salt Lake City et il avait un rendez-vous téléphonique avec Sportcom le lendemain matin pour commenter sa compétition. Il n’a finalement pas rappelé à l’heure convenue, car une fois de retour à la maison, il avait passé une nuit blanche à étudier et il s’était finalement réveillé trop tard.

Desrosiers s’est rapidement excusé et il a été vite pardonné de son absence, sauf que ce contretemps montre bien à quel point il est investi dans ses études. Bien des gens seraient allés dormir une fois de retour à la maison. Mais lui, il avait passé la nuit dans ses livres. C’est d’ailleurs cet incident qui a été à la source d’aller à sa rencontre lors d’un entraînement à l’Institut national du sport du Québec (INS), à la fin avril.

À quoi ressemble une journée type pour lui ?

Debout à 6 h 30, départ et déjeuner en voiture vers l’Université de Montréal peu avant 7 h pour un premier cours à 8 h 30. Ensuite, un deuxième cours ou retour à la maison où il enchaîne avec une session d’études et une de musculation. Suivent le souper et un entraînement de 19 h à 21 h 30 au club Seigneurs de la Rive-Nord ou à l’INS Montréal.

Et en moyenne, combien d’heures par nuit dort-il ?

« On va dire six, en moyenne, pendant la session », indique l’athlète avec un sourire gêné.

Desrosiers calcule aussi qu’il étudie environ six heures par jour, en plus de ses cours, mais il ajoute que c’est tout de même un peu plus allégé qu’au Cégep.

La raison ? Au collégial, il était dans la course à la cote R pour s’assurer d’être admis dans son programme universitaire hautement contingenté. Aujourd’hui, la source de son stress, c’est plutôt d’obtenir son brevet senior international du Programme d’aide aux athlètes de Sport Canada. Il l’a décroché pour cette saison et c’est grâce à cet argent qu’il peut entièrement défrayer les coûts reliés à ses compétitions internationales.

« C’est probablement le plus gros stress… quasiment plus que pour un Championnat du monde. Oui, je vais être stressé (aux Championnats du monde), mais ce sera pour essayer de performer le mieux possible, tandis que pour le carding (brevet), c’est d’atteindre le critère et de me débrouiller par rapport à ça », explique-t-il.

Sans ce brevet, son budget sportif serait écrit à l’encre rouge.

Ce printemps, Olivier Desrosiers effectue un stage universitaire. Son plan est d’obtenir son baccalauréat, puis de prendre une année sabbatique de l’école afin de se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles. Une fois les Jeux terminés, il veut reprendre ses études pour faire sa maîtrise, obligatoire à l’obtention du titre de physiothérapeute.

L’importance de l’équilibre

Le carburant de ce mode de vie occupé passe par des objectifs à atteindre pour l’étudiant-athlète.

« Si tu n’as pas d’objectifs, tu n’as aucune motivation pour le faire. Jusqu’à Paris, mon objectif c’était de faire les Jeux. Après, ç’a été un défi d’en trouver d’autres. »

L’escrime et l’école sont pour lui des vases communicants de ses objectifs.

« Avoir deux trucs distincts, c’est super bien dans ma vie, parce que si j’ai beaucoup de stress avec l’école, l’escrime me permet de changer d’environnement, et vice-versa. Mais de façon générale, c’est probablement le meilleur choix que j’ai fait, car ç’a m’a tellement apporté. Ça fait la personne que je suis aujourd’hui. Ça développe des aptitudes que tu ne peux pas développer ailleurs. »

D’ailleurs, son rôle de futur physiothérapeute n’est jamais bien loin. Entre deux matchs de sa séance d’entraînement, un coéquipier lui parle d’une douleur musculaire qu’il ressent. Desrosiers ne se fait pas prier pour lui expliquer le fonctionnement du muscle douloureux et de ce qui pourrait être la cause de ce mal.

On peut aussi parfois le croiser sur les plateaux des compétitions provinciales, alors qu’il agit à titre de premier répondant sportif, un poste pour lequel il a obtenu sa certification et qui est rémunéré par la Fédération d’escrime du Québec.

Est-ce qu’il y a de la place pour une vie sociale dans cet horaire ? 

Il sourit : « Pas en fin de session, mais durant la session, ça va. »

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