9 Sep - 2022 | par Mathieu Laberge

Cyclisme sur route – Grand prix cycliste de Québec (World Tour H)

Les Québécois au bout de leurs limites

Nouvelle

Québec, 9 septembre 2022 (Sportcom) – Le plateau du Grand Prix cycliste de Québec était le plus relevé de l’histoire et c’est pourquoi les Québécois inscrits ont été repoussés dans leurs derniers retranchements, vendredi. En excellente forme, Guillaume Boivin (Israel – Premier Tech) était le plus déçu du groupe, car c’est un ennui mécanique qui a miné ses espoirs de bien figurer au classement. Il termine au 45e rang, à 1 minute 15 secondes du vainqueur, le Français Benoit Cosnefroy (AG2R Citroën).

Cosnefroy, ancien champion du monde des moins de 23 ans, a surpris les favoris en attaquant en solo à 2 kilomètres de la ligne d’arrivée. L’ancien vainqueur à Québec et Montréal, l’Australien Michael Matthews (BikeExchange – Jayco), et l’Érythréen Biniam Girmay (Intermarché – Wanty – Gobert Matériaux) ont suivi dans l’ordre 4 secondes plus tard. Le favori de l’épreuve, le Belge Wout van Aert (Jumbo-Visma), s’est classé quatrième.

Antoine Duchesne (Groupama-FDJ, +3 min 12 s) et Pier-André Côté (équipe canadienne, +10 min 19 s) ont été les autres Québécois à rallier la ligne d’arrivée en 67e et 111e places.

Hugo Houle (Israel – Premier Tech), Nicolas Côté (équipe canadienne) et Nicolas Rivard (équipe canadienne) ont tous été contraints à l’abandon.

Un nid de poule de trop

En entrevue d’après course, Boivin était songeur et a longuement fixé le sol afin de contenir sa déception. Le champion canadien 2021 a heurté un trou, ce qui a fait descendre sa selle de quelques centimètres à un moment critique.

« C’était parfait jusqu’à un tour à faire où il a fallu que je change de vélo. C’est tout. Je vais espérer avoir les mêmes jambes dimanche à Montréal. J’étais vraiment, vraiment bien », regrettait-il.

« C’est une grosse déception, mais bon, ce n’est pas la première, ni la dernière, a poursuivi Boivin en tenant de relativiser les choses. Ça fait chier comme on dit en bon québécois, mais je vais penser à dimanche parce que les jambes étaient super bonnes. […] (Que cela se déroule) à la maison, ça fait encore plus chier », a-t-il conclu sans détour.

Le futur retraité Antoine Duchesne avait lui aussi laissé beaucoup d’énergies sur le parcours de 201,6 kilomètres. La lumière rouge de son réservoir s’est allumée avec deux tours à faire et il s’est retrouvé a sec un tour plus tard.

« C’était fou tout le monde qu’il y avait. C’est le scénario habituel, mais le scénario habituel reste dur. Dans le dernier tour, ça passait et quand je suis passé devant le Château (Frontenac), je n’avais plus rien dans le sac. »

Celui qui fêtera ses 31 ans lundi avait des ambitions plus modestes en raison des multiples blessures qu’il traîne depuis les dernières semaines, dont une fracture à la main gauche. « J’ai réussi à ne pas avoir l’air trop fou. »

Sa main gauche lui faisait mal vendredi et il ne s’attend pas à ce que ce soit mieux dimanche, à Montréal, où il fera ses adieux au public québécois. « Ça va juste être un autre 6 heures qui fait mal, mais bon, c’est comme ça ! »

Un mauvais jour pour Houle et Côté

Hugo Houle (Israel – Premier Tech) a été accueilli comme une vedette de rock lors de la présentation des coureurs, mais malheureusement il n’a pu aller jusqu’au bout du concert, posant pied avec trois tours à faire. Il s’agit de son premier abandon en 64 jours de course cette année. La raison est qu’il savait depuis déjà un moment que son corps n’avait pas pleinement récupéré du Tour de France et de l’Arctic Race of Norway qui a suivi en août.

« Déjà après deux heures et demie (de course), je savais déjà que les jambes devenaient très, très lourdes et que ça allait être très compliqué. À un moment, je me suis retrouvé à l’arrière et j’avais de la difficulté à remonter devant et c’était clair dans mon esprit que je n’allais pas finir l’épreuve. Je suis déçu. J’espérais mieux. »

Le vainqueur de la 16e étape du dernier Tour de France a avoué qu’il est dû pour une pause : « Maintenant, il va falloir que je récupère parce que je suis très fatigué et je n’arrive pas à me remettre en route. Tout ce qui monte très haut redescend. »

Même son de cloche de la part du champion canadien Pier-André Côté, qui a fait un parallèle avec la situation de Houle, mentionnant le prix à payer après avoir été au sommet de sa forme plus tôt cette saison.

« Quand tu commences à souffrir à dix tours de la fin, ça fait longtemps à s’arracher et à serrer les dents. […] c’était une des éditions les plus difficiles. Je ne suis pas trop déçu et j’ai donné tout ce que j’avais. »

Benoit Cosnefroy a profité du manque d’organisation dans le groupe de chasse dans sa fuite en solo pour enfin lever les bras ailleurs que dans un sprint de pancarte à l’entraînement, comme il l’a expliqué en point de presse.

« On en gagne tellement peu et aujourd’hui, c’est extraordinaire ! […] Je ne pensais pas partir seul, mais après, j’ai essayé de résister. Au dernier kilomètre, je suis resté très concentré et j’ai savouré la victoire dans les 50 derniers mètres. C’est la plus belle victoire. »

Le vainqueur a parié avec son équipe que s’il gagnait une course québécoise, il fêterait à Montréal et ne retournerait pas en Europe pour prendre part au Grand Prix de Wallonie. Et il compte tenir parole.

Le peloton s’élancera à l’assaut du mont Royal, dimanche, à Montréal.

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