3 Oct - 2021 | par Luc Turgeon

Cyclisme sur route – Paris-Roubaix

Une performance historique dans un monument chaotique

Nouvelle

Photo: Twitter/Israel Start-Up Nation

Guillaume Boivin se classe parmi le top-10

Montréal, 3 octobre 2021 (Sportcom) – Le Québécois Guillaume Boivin a offert tout un spectacle dimanche à l’occasion de la classique Paris-Roubaix présentée dans des conditions abominables. En bonne posture afin de lutter pour la victoire, le cycliste de la formation Israel Start-Up Nation a chuté sur le pavé détrempé à moins de 20 kilomètres de l’arrivée et a finalement terminé au neuvième rang.

« Je ne peux pas faire autrement que de penser à ce qui aurait pu arriver si je n’étais pas tombé à la fin », a lancé Guillaume Boivin en entrevue avec Sportcom avant de se rendre à l’hôpital pour faire examiner son poignet gauche, qu’il craint s’être fracturé sur la séquence.

L’incident est survenu alors que Boivin se trouvait aux côtés du Néerlandais Mathieu Van der Poel (Alpecin-Fenix), de l’Italien Sonny Colbrelli (Bahrain-Victorious) et du Belge Florian Vermeersch (Lotto-Soudal).

Un trio qui s’est finalement disputé la victoire au sprint sur la piste du stade Vélodrome et qui a vu Colbrelli triompher à l’issue du parcours rocambolesque de 257,7 kilomètres. Vermeersch a pris le deuxième rang, suivi de très près par Van der Poel.

L’Italien Gianni Moscon (Ineos-Grenadiers), qui a été seul en tête pendant un bon moment dimanche, a dû se contenter du quatrième échelon (+44 secondes). Il a été rattrapé avec 15 kilomètres à faire au Carrefour de l’Arbre après avoir subi une crevaison et avoir été victime d’une chute.

« C’était une course vraiment spéciale aujourd’hui. Dans ces conditions, c’était vraiment une course de costauds et j’étais là avec les plus forts du peloton dans un monument. Je suis très fier de moi. »

– Guillaume Boivin

La neuvième place de Guillaume Boivin représente le meilleur résultat canadien à Paris-Roubaix depuis celui de Steve Bauer en 1990, où il avait fini deuxième par quelques centimètres.

Boivin accusait un retard d’une vingtaine de secondes après sa chute. Son coéquipier Tom Van Asbroeck est venu le rejoindre pour lui prêter main-forte, puis les membres d’Israel Start-Up Nation ont finalement été repris par un groupe de poursuivants pour conclure à 1 minute 16 secondes du vainqueur.

« Je savais que j’avais des jambes extraordinaires après les Championnats du monde, a raconté Guillaume Boivin. Le résultat n’est pas aussi bon qu’il aurait pu l’être, mais je vais prendre beaucoup de confiance des deux dernières fins de semaine en vue de l’an prochain. »

À lire : Une 17e place et une leçon pour Guillaume Boivin aux mondiaux

À l’arrivée, le Québécois s’est effondré, complètement vidé après un effort de plus de 6 heures dans d’atroces conditions.

« Ça ressemblait plus à une course de cyclo-cross que de vélo de route ! À la fin, on était tous à la limite, je crois. Même le groupe de Wout Van Aert, qui était à 30 secondes, était incapable de rentrer sur nous. Ç’a été une journée vraiment exigeante. »

Un travail exemplaire

Arborant fièrement le maillot de champion canadien depuis quelques semaines seulement, Guillaume Boivin s’est assuré d’être bien en vue à la 118e édition de ce monument, auquel il prenait part pour la première fois depuis 2013. Plus la course avançait, moins l’unifolié était visible sur le nouvel uniforme du Québécois en raison de toute la boue qui couvrait le cycliste.

Dès le premier secteur pavé, Boivin a eu une crevaison et le changement de roue l’a forcé à prendre du retard sur ses opposants. Il lui a fallu pédaler pendant 50 kilomètres pour être en mesure de retrouver le groupe de chasse avec l’aide de son coéquipier Sep Vanmarcke.

« À partir de ce moment, de mon côté, je me suis dit que je devais y aller all in. Je me sentais super bien et j’ai voulu rester agressif », a commenté Guillaume Boivin.

Au fur et à mesure, Boivin a résisté aux différentes attaques et s’est accroché. Il s’est faufilé pour rester dans la roue d’un des favoris en Mathieu Van der Poel, qui a tenté de prendre la fuite à quelques occasions.

« J’ai bien suivi, je suis fier de ma course, mais aussi de toute l’équipe. En plus de Vanmarcke, Tom (Van Asbroeck) est resté devant et a été une clé pour nous durant toute la course. »

Van Asbroeck a été le huitième coureur à franchir la ligne d’arrivée. Également en action, le Québécois Hugo Houle (Astana-Premier Tech) n’a pas terminé l’épreuve. Il a choisi de poser pied après 220 kilomètres.

« Dès le départ, quand on a attaqué les premiers pavés, j’étais positionné derrière. J’étais un peu inquiet de comment ça allait se dérouler sous la pluie. J’ai finalement décidé d’arrêter parce que j’étais loin derrière. J’en avais eu assez pour la journée et j’en avais vu assez du pavé ! J’avais assez souffert et je ne voyais pas l’intérêt de continuer. »

L’athlète de Sainte-Perpétue en a également profité pour lancer des fleurs à son compatriote qui a livré, selon lui, une des meilleures performances canadiennes des dernières années.

« Chapeau à lui! Je savais qu’il était en forme après les mondiaux, mais de là à faire top-10 à Paris-Roubaix, c’est une performance très impressionnante dans des conditions difficiles. Il faut avoir les jambes, mais il faut aussi rester sur le vélo et bien se placer. C’est tout en son honneur et je suis très content pour lui. »

Peur et confiance

Guillaume Boivin admet qu’il ressentait aussi quelques craintes sur la ligne de départ avant d’entreprendre Paris-Roubaix. Rien toutefois pour lui faire perdre sa confiance, lui qui était persuadé qu’il avait tout ce qu’il fallait pour se démarquer durant la journée.

« J’avais un peu peur et je pense que c’était le cas pour tout le monde. Des conditions comme ça, c’est extrêmement dangereux. Ça s’est dissipé pendant la course et j’ai pu mettre ça de côté. J’étais en grande forme et j’avais beaucoup de confiance. Je savais que peu de personnes pouvaient me lâcher aujourd’hui. »

Cette fin de saison remarquable apporte son lot de motivation pour le Montréalais, qui souhaite rapidement revenir en force.

« Je vais rentrer dans la saison morte avec beaucoup de confiance en mes moyens et une motivation encore plus grande pour me préparer et revenir avec ambition au printemps. Toute l’équipe sera extrêmement motivée et je pense qu’on peut avoir beaucoup de plaisir sur ces courses l’an prochain », a-t-il conclu.

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