Une victoire pour Rivest, l’or à Labid
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Montréal, 3 décembre 2025 (Sportcom) – Quand elle travaille comme préparatrice mentale, la karatéka Hana Furumoto-Deshaies incite les jeunes athlètes à ne pas se concentrer uniquement sur les résultats. Cinquième des Championnats du monde, à quelques points d’une médaille, la voilà confrontée à ses propres leçons.
« C’est facile d’oublier et d’aller conseiller les gens. J’étais déçue, fâchée, et on m’a rappelé ce que je disais aux athlètes, j’ai trouvé ça drôle ! C’est bon de me le faire rappeler », a-t-elle raconté à Sportcom.
Furumoto-Deshaies a conclu les mondiaux de karaté au pied du podium chez les moins de 55 kg. Une défaite de 4-1 subie aux mains de l’Algérienne Louiza Abouriche l’a privée d’une médaille de bronze au Caire, en Égypte.
Abouriche a attaqué la première et a forcé la Canadienne à sortir des limites du tatami pour ouvrir la marque. Deux autres coups de poing portés au corps ont permis à l’Algérienne de marquer, portant son avance à 3-0. Furumoto-Deshaies s’est inscrite au pointage avec 36 secondes à écouler. Elle a tenté plusieurs attaques par la suite, mais son adversaire a marqué un quatrième point alors qu’il ne restait que 7 secondes à faire et a filé vers la victoire.
Au lendemain de sa performance, la Gatinoise n’était pas satisfaite du résultat et de la manière dont elle avait disputé son dernier face-à-face. Contrairement à ce qu’elle enseigne en préparation mentale, il était encore tôt pour voir au-delà de la cinquième place.
« J’aurai besoin de plus de temps pour y penser, mais la réponse qui va venir, c’est que je suis fière du processus, même si ce n’est pas le résultat que j’aurais aimé. C’est quand même quelque chose de m’être rendue là, mais on dirait que je ne le réalise pas en ce moment. »
Au premier tour éliminatoire, Hana Furumoto-Deshaies avait eu raison de la Bulgare Ivet Goranova, septième au monde et médaillée de bronze aux Championnats européens, au compte de 7-5. Elle s’est ensuite inclinée 4-1 face à la Slovaque Nina Kvasnicova en quarts de finale. Ici aussi, son opposante, future médaillée d’argent, a été très dynamique dès les premiers instants et en a tiré avantage.
« Dans les deux cas, les filles ont mis énormément de pression, de ma perspective. Quand ça arrive, t’as l’impression que le temps passe plus vite et tes décisions ne sont pas toujours les meilleures. Et quand tu tires de l’arrière, elle attaque moins, alors tu dois t’ajuster à nouveau », a partagé la Québécoise, qui avait remis une fiche de 2-1 en ronde préliminaire.
« C’est ça, le karaté, et c’est ce qui fait sa beauté, ça va super vite ! On peut longuement analyser des combats, mais dans le feu de l’action, l’adaptation doit se faire directement et je n’ai pas réussi dans ces deux combats-là. »
Dans le tableau des moins de 50 kg, Yamina Lahyanssa a quant à elle vu son parcours prendre fin en première ronde. L’athlète de Pointe-Claire avait d’abord remporté ses matchs de poule pour ensuite être défaite 8-2 face à Yee Ting Tsang, de Hong Kong.
Reconnaissante
Le grand défi des Championnats du monde se trouve dans la durée de la compétition, contrairement aux autres tournois qui se déroulent sur une journée. Hana Furumoto-Deshaies aura combattu sur trois jours dans la capitale égyptienne et, chaque fois, elle espérait être au sommet de sa forme physique et mentale.
« Dans d’autres tournois, tu veux connaître une bonne journée et bâtir au fil des combats, mais là, c’est de trouver comment rester constante et connaître du succès sur trois jours. De bien te sentir sur trois jours », a-t-elle précisé.
« Physiquement, je ne me sentais pas tant bien. Les jours où je me dis que c’est vraiment ma journée, que je n’ai aucune pensée limitante et aucune sensation désagréable, c’est peut-être arrivé deux fois dans ma carrière. Je savais qu’il y aurait des doutes, mais c’est de les repérer pour ne pas tomber dans le piège et rester dans le moment présent. »
En 2023, Furumoto-Deshaies s’est fracturé un bras juste avant les Championnats du monde tant attendus. La blessure l’a aussi privée d’une participation aux Jeux panaméricains de Santiago quelques semaines plus tard.
« J’avais eu du mal à l’accepter à l’époque. Je pensais peut-être prendre ma retraite à ce moment et, deux ans plus tard, je poursuis ma carrière. Juste de participer aux mondiaux qui ont lieu aux deux ans, c’est incroyable et j’en suis très reconnaissante », a rappelé la Québécoise, qui occupe le septième rang du classement mondial dans sa catégorie.
« Somme toute, j’ai eu une bonne préparation, elle ne sera jamais parfaite. Dans les dernières semaines, la pression se faisait plus sentir et je me sentais plus difficile envers moi-même, c’était moins bien géré que j’aurais aimé. Pour la compétition, j’ai réussi à lâcher prise un peu. Je ne voulais pas paniquer et tomber dans une boucle négative. »
Hana Furumoto-Deshaies s’accordera maintenant un peu de repos et souhaite pousser sa réflexion quant à ses prochains objectifs, soulignant au passage la possibilité de participer aux Jeux panaméricains et aux mondiaux en 2027.
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