18 Fév - 2023 | par Sportcom

Ski alpin – Championnats du monde

Laurence St-Germain dans l’histoire : elle est championne du monde !

Nouvelle

Photo: Alpine Canada

Montréal, 18 février 2023 (Sportcom) – « Oh my God ! Impossible ! » a lancé Laurence St-Germain, incrédule à la caméra, lorsqu’elle s’est assurée d’être sur le podium du slalom des Championnats du monde de ski alpin, samedi, à Méribel, en France.

Quelques instants plus tard, l’impossible s’est transformé en du concret encore plus étonnant à ses yeux : non seulement elle était médaillée, elle devenait championne du monde, rejoignant ainsi les Québécois Lucile Wheeler-Vaughan (descente et slalom géant 1958), Mélanie Turgeon (descente 2003) et Erik Guay (descente 2011 et super-G 2017) dans ce club sélect.

La skieuse de 28 ans est souvent passée bien près de monter sur un podium de Coupe du monde. Cette constance aux deux manches qu’elle recherchait depuis si longtemps, elle l’a livrée à la course la plus importante de la saison et qui plus est, devant la skieuse la plus titrée de tous les temps, l’Américaine Mikaela Shiffrin.

« Je commence à le réaliser ! » a partagé St-Germain en visioconférence, portant fièrement la médaille d’or à son cou. C’était la première fois qu’elle prenait le temps de s’asseoir depuis son couronnement.

« Avoir ma médaille, ça aide beaucoup ! C’est un peu un brouillard depuis que j’ai croisé la ligne d’arrivée, mais ça se place tranquillement. »

Troisième après la manche initiale, elle accusait un retard de 0,61 seconde sur Shiffrin et était 42 centièmes de seconde derrière la Suisse Wendy Holdener. La Canadienne n’a pas regardé de vidéo entre les deux manches ni discuté avec ses entraîneurs afin de conserver ses bonnes sensations.

« Il y avait beaucoup de stress – limite trop – et je sentais la pression. Mon but était de rester calme, j’ai su utiliser la pression pour la transférer en adrénaline et attaquer la deuxième manche. […] J’essayais de ne pas penser au résultat et d’exécuter mon plan de match, mais si je devais reculer un peu et être top-5, ou top-10, j’allais être très contente quand même. »

La skieuse de Saint-Ferréol-les-Neiges s’est assurée d’une place sur le podium en prenant les commandes de la course après sa deuxième manche. Ses coéquipières canadiennes Ali Nullmeyer et Amelia Smart se sont joyeusement ruées sur la Québécoise pour la féliciter pendant que St-Germain essayait de prendre la pleine mesure de ce qu’elle venait d’accomplir.

Il restait encore deux skieuses à s’élancer et le suspense n’a pas été long.

Holdener est rapidement sortie de piste. La formalité aurait été ensuite que Shiffrin ajoute un autre titre mondial après celui récolté plus tôt au slalom géant, sauf qu’elle a été beaucoup moins rapide que St-Germain, qui s’est imposée par 57 centièmes de seconde au cumulatif des deux manches. L’Allemande Lena Duerr (+0,69 seconde) a complété le podium.

« Quand j’ai croisé la ligne d’arrivée, je cherchais l’écran pour voir mon temps et j’ai vu #1 à côté, je n’ai pas trop compris ! Ça m’a pris un moment pour être sûre que c’était vrai. »

-Laurence St-Germain

Laurence St-Germain a rejoint ses coéquipières pour célébrer et ses dernières lui ont annoncé que Wendy Holdener n’avait pas rallié l’arrivée.

Pendant que Mikaela Shiffrin dévalait la pente, la Québécoise a demandé si la médaillée d’argent devait se positionner sur la gauche ou sur la droite du podium, convaincue que la grande favorite allait prendre la tête.

Quand l’Américaine a complété sa descente, on lui a répondu que sa place était en plein centre, sur la plus haute marche des trois.

Photo: Alpine Canada

« C’est énorme »

Aucune Canadienne n’avait remporté l’épreuve du slalom aux Championnats du monde depuis Anne Heiggtveit, en 1960.

« C’est fou de faire partie des meilleures et d’avoir mon nom dans l’histoire. C’est un peu bizarre à dire ! » a partagé Laurence St-Germain.

Mélanie Turgeon avait été la dernière Canadienne décorée d’or aux mondiaux, il y a 20 ans, en descente. Rejoindre les plus grandes de son sport a tout d’un rêve pour la skieuse de 28 ans, dont le meilleur résultat signé en Coupe du monde avait été une sixième place en 2020.

« J’étais fan de Mélanie ! Quand j’étais jeune, elle venait skier dans mon club parfois et j’avais mon casque signé chaque saison. On s’entraînait aussi dans la piste «Mélanie Turgeon» au Mont-Sainte-Anne. C’est vraiment spécial d’être championne du monde après elle, 20 ans plus tard. Ça me rend vraiment fière de suivre mon idole », a admis St-Germain.

Le titre mondial apporte beaucoup de confiance, tant en ce qui concerne son ski que l’analyse et la préparation qui ont précédé cette performance historique. Elle ne veut pas se fixer trop d’attentes pour autant.

« C’est énorme ! Évidemment, ça motive pour les courses qui restent. Ça va ajouter un peu de pression aussi pour le reste de la saison, mais aujourd’hui, j’ai prouvé que j’étais capable de la gérer. »

L’équipe canadienne en est maintenant à un total de quatre médailles à ces Championnats du monde. Que ce soit à propos de sa victoire ou des podiums de ses coéquipiers et coéquipières, c’est avec le même sourire que Laurence St-Germain partage sa fierté.

Encore sur un nuage, elle n’avait pas pris le temps de manger ou de consulter ses messages samedi qu’elle était comparée à ses idoles de jeunesse. Elle ne le réalisait pas, mais c’est maintenant à son tour de signer des casques en tant que championne du monde.

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