2 Avr - 2025 | par Mathieu Laberge

Ski alpin – Coupe du monde

Laurence St-Germain veut remonter la pente

Nouvelle

Une skieuse canadienne en action.

Canada Alpin

Montréal, 2 avril 2025 (Sportcom) – Mardi après-midi, Laurence St-Germain a pris une pause dans ses études au baccalauréat en génie biomédical à l’École polytechnique pour faire le bilan de sa saison avec Sportcom.

La skieuse est inscrite à deux cours cette session et c’est sur un ton gêné qu’elle mentionne que la veille, elle a dû arriver sur le campus un peu plus à l’avance afin d’avoir le temps de trouver les locaux, elle qui assistait à ses premiers cours en présentiel cette session. Une adaptation tout de même banale pour la slalomeuse qui a constamment été à la recherche de stabilité sur les pistes au cours de la dernière saison.

Quand on lui demande de résumer sa dernière campagne en un mot, « rocambolesque » est celui qu’elle choisit.

« Je suis super contente de mon début de saison qui était vraiment bien où j’avais trois tops-11 en ligne. Ensuite, j’ai eu une blessure au dos juste avant Noël. »

La Québécoise a fait l’impasse sur l’étape de Kranjska Gora, au début janvier, et a pris une pause de presque deux semaines complètes pour guérir. « J’avais beaucoup de douleur, mais j’étais encore capable d’assez bien bouger. J’ai fait la course à Flachau qui s’est bien déroulée avec une autre 11e place. C’est après ça que ç’a commencé à être plus difficile. »

Tout est alors parti en vrille. L’athlète avait moins de douleur au dos, mais aussi moins de mobilité, ce qui a eu un impact à l’entraînement et dans la qualité de son ski. À cela s’ajoute la course contre la montre pour être prête aux Championnats du monde qui approchaient à grands pas, et où elle arrivait en tant que championne du monde en titre au slalom.

« Même si je m’améliorais dans le gym, j’étais moins confiante sur la neige et j’avais moins de sensations. Je me regardais skier et je me disais que ce n’était pas moi. […] Je n’avais pas la confiance que je pouvais livrer mon meilleur ski. »

L’effet domino des blessures

Depuis deux ans, l’accumulation de petites blessures a eu un effet domino sur le corps et la confiance de la skieuse. Cette petite étincelle qui lui avait permis de réaliser de grandes choses dans le passé était éteinte.

« Sans dire que j’allais défendre mon titre, je voulais me donner toutes chances de faire le meilleur résultat possible. Et ça ne s’est pas passé comme je le voulais. »

Laurence St-Germain n’est jamais montée sur un podium de Coupe du monde, mais elle a été médaillée d’or à une compétition encore plus prestigieuse : les Championnats du monde de 2023. Son visage s’illumine lorsqu’elle explique l’impact de cette victoire et pourquoi elle veut revivre pareils moments.

« Je pense qu’il y a juste les athlètes qui peuvent comprendre ce que ça vaut pour nous de réussir à être sur le podium. Il n’y a rien qui peut se comparer à ça. »

De durs mondiaux

Aux mondiaux de Saalbach, en Autriche, en février, St-Germain s’est élancée au slalom, mais n’a pas été en mesure de franchir la ligne d’arrivée pour l’une des rares fois de sa carrière. Quelques semaines plus tard, le coup porte encore chez elle.

« Ça faisait vraiment longtemps que j’avais été DNF (Did Not Finish). […] Ça s’est passé tellement vite. Je n’étais pas dans les meilleures dispositions mentales, mais j’avais travaillé tellement fort avec ma préparatrice mentale pour me remonter et arriver prête au départ. De ne pas me donner une chance pour la deuxième manche, c’est ça qui a fait vraiment mal. Je n’ai pas souvent versé des larmes après des courses, mais là… et en plus, mon frère était présent. C’était vraiment tough ! »

L’émotion l’a aussi saisie la veille de la course lorsqu’on lui a remis son dossard avec l’inscription World Champion 2023. Un rappel concret que malgré les soubresauts des 24 derniers mois, ce titre lui appartiendrait pour toujours.

« Je n’avais pas encore absorbé que j’étais championne du monde et quand je l’ai eu (le dossard), c’est là que ça m’a fait réaliser que peu importe où je suis, que c’est difficile, ou que ça va vraiment mal, c’est vraiment moi qui ai fait cet exploit-là », explique l’athlète de 30 ans, en essuyant une larme.

Ledit dossard est désormais accroché non pas dans un cadre mural, mais bien sur la poignée de porte de sa chambre à coucher. Un autre signe de la simplicité de cette athlète qui n’a pas l’habitude de se défiler après des résultats moins probants.

« C’est super les exploits, mais je pense que c’est important pour tout le monde de voir les deux côtés. […] Ça me touche tout le temps quand les gens veulent entendre parler de ma carrière et j’espère aider les gens à réaliser que ce n’est pas toujours facile. Si on parle juste des bonnes performances, on oublie qu’il y en a des mauvaises. »

Laurence St-Germain a déjà son objectif pour la prochaine saison : se sentir libre sur la piste.

« Là, tout est sur une pente montante et d’être là avant la saison des Jeux olympiques, je me sens quand même dans une bonne position. Je suis résiliente, il me reste encore du temps et je vais tout faire pour revenir en santé, explique-t-elle. En réglant mes bobos et en faisant un peu le ménage dans ma tête, je veux essayer de me sentir libre. Ça fera une grosse différence. »

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