4 Mar - 2022 | par Mathieu Fontaine

Parahockey

Les Canadiens prêts à reconquérir l’or paralympique

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Montréal, 4 mars 2022 (Sportcom) – Il y a 16 ans que le Canada n’a pas été couronné au tournoi paralympique de parahockey. Une disette frustrante qui est sur le point de prendre fin selon Anton Jacobs-Webb. À quelques heures du début des Jeux de Pékin, le Québécois dresse le portrait d’une équipe qui misera sur la vitesse et sur le jeu d’ensemble pour arriver à ses fins.

La dernière fois que l’unifolié a remporté l’or paralympique, c’était à Turin, en 2006, soit bien avant qu’Anton Jacobs-Webb ne foule la glace sur sa luge pour la première fois. Il était toutefois devant son téléviseur pour regarder le Canada remporter la médaille de bronze à Sotchi en 2014, puis l’argent à Pyeongchang quatre ans plus tard.

Aujourd’hui, c’est à son tour d’aider la formation nationale à poursuivre sa progression vers la reconquête du titre.

« Pour nous, c’est la médaille d’or à 100 %. Je suis arrivé avec l’équipe en 2018, au tout début du cycle paralympique, et nous avons fixé cet objectif. Nous savions que nous ne gagnerions peut-être pas de tournoi avant les Jeux, mais qu’à Pékin, nous aurions l’or. Ça fait maintenant quatre ans que nous travaillons là-dessus et nous sommes prêts », lance d’emblée l’athlète de 21 ans.

Pour ce faire, les Canadiens devront demeurer fidèles à leur identité sur la patinoire et, surtout, tirer profit de toute la préparation faite en amont du tournoi tant attendu.

« Nous sommes convaincus que nous avons l’équipe la plus en forme et la plus rapide au monde. Nous nous entraînons beaucoup en dehors de la glace pour nous améliorer et nous travaillons beaucoup l’aspect mental. Ce sont des choses comme ça qui vont nous donner un avantage. »

– Anton Jacobs-Webb

L’entraîneur-chef Ken Babey dirigera une formation ponctuée d’un mélange de jeunes et de plusieurs vétérans, dont Billy Bridges et Greg Westlake, qui en seront respectivement à leur sixième et cinquième présence aux Jeux paralympiques.

« Ils sont des modèles pour moi et ils me donnent des conseils pour ce qui s’en vient », remarque Jacobs-Webb, qui pourra aussi compter sur le gardien Dominic Larocque et sur l’attaquant Antoine Lehoux pour l’épauler dans la capitale chinoise.

Larocque, de Shannon, en sera à ses troisièmes Jeux, alors que Lehoux, d’Adstock, vivra une première expérience paralympique. « C’est vraiment cool d’avoir des gars que je connais bien et avec qui je m’entraîne quotidiennement, avoue le Gatinois. Dom (Larocque) a été à plusieurs Jeux et il peut aussi répondre à toutes mes questions. Il connaît ça et il n’y a pas grand-chose qui le brasse. Il est solide ! »

Dominic Larocque et Antoine Lehoux seront aussi de l’équipe canadienne de parahockey à Pékin.
Crédit : Hockey Canada

Vaincre la bête noire

Sur papier, les représentants du Canada sont persuadés d’avoir tout ce qu’il faut pour rafler les grands honneurs. Un défi de taille se dresse toutefois devant eux : les Américains, double champions du monde en titre et vainqueurs des trois derniers tournois paralympiques.

Leur domination est telle que Jacobs-Webb ne les a encore jamais battus dans une rencontre pour l’obtention d’une médaille. Lors du Championnat du monde 2021 disputé à Ostrava, en République tchèque, le Canada avait remporté le match du tournoi à la ronde, mais s’était ensuite incliné 5-1 lors de la grande finale.

« Normalement, nous nous échangeons les victoires aux préliminaires ou dans les séries organisées contre eux, mais jamais quand ça compte depuis 2017. Personnellement, je n’ai pas encore eu la chance de les vaincre pour l’or, alors j’ai hâte que ça arrive », mentionne celui qui avait amassé deux passes à Ostrava.

Les Canadiens pourront rapidement avoir l’heure juste quant à leurs rivaux des États-Unis, à l’occasion d’un duel au sommet en lever de rideau du tournoi prévu samedi, en Chine. Encore une fois, il faudra s’attendre à une rencontre physique, où la rapidité d’exécution pourrait faire la différence.

« Il faut utiliser notre vitesse et notre jeu physique, mais aussi notre forme physique générale. Il faut jouer notre style et mettre nos forces de l’avant, analyse Jacobs-Webb. Il y aura un stress à chaque match contre eux, c’est certain. Il faudra être concentrés et ne pas nous laisser distraire. »

L’équipe canadienne disputera deux autres rencontres préliminaires les 6 et 8 mars, après quoi les différentes formations du tournoi s’adonneront à la phase éliminatoire.

Destiné à porter les couleurs du Canada

Anton Jacobs-Webb a encore peine à croire qu’il représentera le pays aux Jeux paralympiques. Il réalisera alors son plus grand rêve sportif qui a vu le jour après quelques rencontres marquantes dans sa jeunesse, dont celle de Hervé Lord, quintuple paralympien et membre de l’équipe championne en 2006.

« Je rêve à ce moment depuis que je l’ai rencontré grâce à mon prothésiste. Hervé m’a montré le jeu et c’est à cause de lui que je voulais me rendre là. C’est fou d’y être, je ne le réalise pas encore. »

Dès ses débuts à Ottawa à l’âge de 11 ans, Jacobs-Webb a eu la chance d’apprendre non seulement aux côtés de Lord, mais aussi de plusieurs coéquipiers de l’attaquant vedette de l’époque. Parmi eux, on compte Jean Labonté, capitaine de l’équipe et porte-drapeau du Canada aux Jeux de Vancouver, en 2010.

« J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir m’entraîner avec eux en commençant sur la glace. Ils m’ont beaucoup aidé et ils m’ont suivi dans mon développement. C’est même Jean (Labonté) qui est venu me porter personnellement à mon premier camp d’Équipe Québec », raconte-t-il en riant.

Quelques années plus tard, force est d’admettre que le travail a porté ses fruits et que le jeune homme est voué à un long et brillant avenir avec l’équipe canadienne de parahockey. Chose certaine, il aura une pensée pour ses mentors à Pékin et c’est avec la plus grande fierté qu’il enfilera son chandail.

« Ils m’ont appris beaucoup de choses, mais ils m’ont surtout donné un but. J’étais leur plus grand fan, j’écoutais tous les matchs et j’avais des affiches autographiées partout dans ma chambre. Ils m’ont aidé à me rendre à l’équipe nationale en 2018, puis à aller jusqu’au bout avec ma sélection pour les Jeux paralympiques. C’est à mon tour de leur faire honneur ! » conclut-il.

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