21 Jan - 2016 | par Alexandra Piche

Judo

Les mois de la dernière chance pour les judokas canadiens

Montréal, 21 janvier 2016 (Sportcom) – Si pour certains les Jeux olympiques de Rio sont à portée de main, de longues batailles sont à prévoir pour d’autres membres de l’équipe canadienne de judo en vue de l’obtention d’un billet pour cet événement d’envergure. Les judokas sur la sellette devront enchaîner les compétitions durant les prochains mois afin d’augmenter leur rang international, et dans certains cas, même affronter un coéquipier pour parvenir à leurs fins.

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Nicolas Gill

L’entraîneur-chef des troupes canadiennes Nicolas Gill prévoit des semaines très occupées pour ses protégés d’ici le 30 mai, date où les classements mondiaux détermineront les judokas qui auront leur laissez-passer olympique. « Pour ceux qui sont en bonne position présentement, l’objectif sera de préparer les Jeux olympiques. Nous avons déterminé un nombre idéal de combats à faire d’ici le départ pour Rio. Ils devront également participer à des tournois pour demeurer ou devenir têtes de séries, donc dans le top-8. Nous considérons que c’est un avantage notable à leur parcours olympique », explique le double médaillé olympique.

L’entraîneur est réaliste quant au nombre de judokas que comprendra la délégation canadienne à Rio. « Logiquement, nous devrions avoir une équipe d’environ sept athlètes. Nous avons actuellement des possibilités de qualifications dans neuf catégories, mais sept ou huit judokas nous rendraient très heureux. »

Si aucun événement ne vient brouiller les cartes, le médaillé de bronze des Jeux olympiques de Londres chez les moins de 81 kg, Antoine Valois-Fortier, devrait être assuré d’une place dans l’équipe, tout comme Catherine Beauchemin-Pinard (-57 kg). Ils devraient tous les deux figurer parmi les têtes de séries du tournoi olympique.

« Je suis bien placée. Autre que le processus de sélection, mon but est de pouvoir maintenir cette avance, donc je n’ai pas besoin de trop courir les points olympiques! Je veux miser sur la constance d’ici les Jeux », indique la judoka originaire de Saint-Hubert.

Aux Jeux de Londres, Valois-Fortier avait surpris le monde entier en se taillant une place sur le podium. À ce moment, il n’avait rien à perdre, tout à gagner. Cette fois, c’est un peu différent pour celui qui a deux médailles des Championnats du monde dans sa collection.

 « J’ai pris beaucoup d’expérience depuis les derniers Jeux. Je sais mieux comment me sentir à chaque moment. Je pense que ce qui peut jouer contre moi cette année, c’est que je vais être dans les têtes de série, ce que je n’étais pas à Londres. Ça va être de bien gérer cette nouvelle donnée et d’être au meilleur de mes capacités », affirme l’athlète de Beauport.

« C’est sûr que ça me met un peu de pression, mais je suis là où je veux être, dans les favoris. Ça ajoute du stress, mais dans ces moments-là, j’essaie de me rappeler que je pratique mon sport pour moi et pas pour les autres. Ça m’aide », confie Valois-Fortier.

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Ecaterina Guica

Ecaterina Guica (-52 kg) est aussi sur la bonne voie pour s’envoler vers le Brésil au mois d’août prochain. « C’est vraiment stressant et j’ai super hâte que ça soit terminé, mais pour l’instant je suis techniquement qualifiée pour les Jeux. Je dois donc continuer sur cette lancée et ne pas perdre ma place. Je veux automatiser mon judo et me concentrer sur chaque tournoi », affirme l’athlète de La Prairie.

Affronter un coéquipier

Pour certains membres de l’équipe canadienne, la lutte au billet olympique ne se déroule pas seulement sur la scène internationale. C’est d’ailleurs le cas de Patrick Gagné et d’Antoine Bouchard qui devraient croiser le fer au mois de juin dans un duel fatidique pour déterminer lequel des deux guerriers fera le voyage pour représenter le Canada chez les moins de 66 kg.

« Pour l’instant, ça va bien pour moi, dit Patrick Gagné. Je suis dans le top-22 et c’est où nous devons nous situer chez les hommes pour nous qualifier pour les Jeux. Antoine aussi est bien placé. Nous savons donc qu’il va y avoir des combats de barrage le 11 juin entre nous deux. Ça risque de se faire sous forme de deux de trois. C’est sûr que c’est beaucoup de pression, mais c’est aussi ça le sport. Nous vivons aussi pour des moments déchirants comme ceux-là. »

Selon l’athlète de Baie-Comeau, de tels duels à prévoir ne minent pas trop le moral des troupes. « Nous sommes quand même de bons chums. Il n’y a rien qui change. Ça ajoute juste un peu de rivalité entre nous. Il faut se préparer pour être le meilleur possible et donner son maximum au moment venu. »

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Patrick Gagné

La pression est cependant immense pour les deux amis qui joueront alors leur rêve sur les tatamis. « J’y pense depuis que je suis tout petit. Je viens d’une famille de judokas, donc j’ai suivi les compétitions. J’ai quitté ma famille à l’âge de 15 ans pour venir dans la région de Montréal, alors on peut dire que j’ai dédié ma vie à ça », confie Gagné.

« J’ai vu Nicolas Gill aux Jeux olympiques de 2000, quand il a perdu en finale. J’étais tout petit et j’ai dit à mon père que moi, je voulais être comme le monsieur japonais qui l’avait planté », ajoute-t-il avec un petit sourire en coin.

D’autres luttes sont à prévoir au sein de l’équipe canadienne, notamment chez les moins de 73 kg, où Arthur Margelidon, Étienne Briand et David Ancor sont en compétition pour la seule place disponible.

Une décision payante

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Stéfanie Tremblay

Un tel affrontement entre coéquipières aurait aussi pu avoir lieu dans la catégorie des moins de 57 kg, où se trouvaient Catherine Beauchemin-Pinard et Stéfanie Tremblay avant que cette dernière fasse le saut chez les moins de 63 kg.

« C’est clairement une bonne décision d’avoir changé de catégorie. Catherine est très près du top-5 mondial. Si j’avais fait mon top-14 nécessaire à la sélection chez les femmes, mais pas un top-8 pour être dans les têtes de séries, nous ne nous serions même pas affrontées. Elle serait passée automatiquement », explique la judoka de Chicoutimi.

Après un an dans sa nouvelle catégorie, Tremblay est en bonne position pour obtenir un laissez-passer vers son rêve olympique. « Présentement, je suis environ dans le top-20 et je dois descendre parmi les 14 meilleures. Si je continue ma lancée, j’aurai les gros résultats dont j’ai besoin. En 2015, j’ai eu trois médailles d’or en Coupe du monde, ce qui a été très payant pour ma qualification olympique », mentionne la judoka qui trouve plus facile de s’entraîner maintenant qu’elle est chez les moins de 63 kg. « Je sens que j’ai gagné de la force, maintenant que mes entraînements ne sont plus tous axés sur la perte de poids. »

Se battre contre les blessures

Tenu à l’écart des tatamis pour une période de 20 mois en raison d’une déchirure des ligaments croisés du genou gauche, Sergio Pessoa a encore du chemin à faire avant de voir sa participation aux Jeux olympiques de Rio se confirmer. L’athlète d’origine brésilienne a cependant confiance en sa capacité à se qualifier chez les moins de 60 kg.

Il faut dire qu’il n’en est pas à sa première embuche. Le judoka de 27 ans avait aussi été arrêté longtemps par une blessure durant la période de qualification pour les Jeux olympiques de Londres, tournoi auquel il a finalement pris part.

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Sergio Pessoa

« C’est à peu près la même chose qu’avant Londres. Je ne m’étais qualifié qu’à la dernière minute. Je devais avoir de bons résultats avant les Jeux pour pouvoir y aller. À date, j’ai ramassé de bons points, mais il m’en manque. Je suis cependant confiant », dit Pessoa.

La bonne nouvelle est que, physiquement, Pessoa va bien. « L’année 2016 a bien commencé. Je me sens super en forme. Je me suis entraîné beaucoup vers la fin de l’année 2015. On va y aller pour se qualifier! »

Pour le judoka né à Sao Paulo, ce billet olympique est très significatif. Son père, Sergio Pessoa Senior, avait pris part aux Jeux olympiques de Séoul, en 1988, dans l’uniforme brésilien. Celui qui est maintenant l’entraîneur de son fils combattait dans la même catégorie. Malgré tout, son protégé ne sent pas de pression supplémentaire.

« Mon père et moi gérons bien ça ensemble. Il est mon coach, mais à l’extérieur des tatamis nous parlons très peu de judo. Il sait que je suis sérieux quand je m’entraîne et c’est suffisant. Notre relation a toujours bien fonctionné », affirme le Montréalais d’adoption.

Maintenant que l’année 2016 est commencée, il reste un peu plus de quatre mois aux judokas pour atteindre les standards de qualification. Beaucoup de tournois importants les attendent, comme le Grand Prix qui sera disputé à Cuba ce week-end. Pour plusieurs, des points décisifs seront également remportés lors des Championnats panaméricains 2016, qui auront lieu à La Havane, à la fin du mois d’avril.

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