Ski acrobatique (bosses en parallèle) – Jeux olympiques
Ski acrobatique (bosses en parallèle) – Jeux olympiques
Darren Calabrese / COC
Livigno, 15 février 2026 (Sportcom) – Personne n’aurait pu écrire meilleur scénario pour la dernière finale olympique de Mikaël Kingsbury, dimanche, à Livigno. Le Québécois a dominé ses rivaux pour remporter la toute première édition masculine des bosses en parallèle des Jeux olympiques, offrant du même coup une première médaille d’or au Canada à ces JO.
« C’est vraiment spécial ! Je voulais vraiment être le premier champion olympique en duel de l’histoire. Je savais que c’était ma dernière performance olympique, je voulais tout donner et n’avoir aucun regret. J’ai vraiment l’impression que j’étais meilleure de ronde en ronde et je suis fier de moi », a commenté au terme de la grande finale Kingsbury, maintenant double médaillé à ces Jeux.
Pour son dernier duel du jour, le multiple champion du monde faisait face à son éternel rival, le Japonais Ikuma Horishima. Après un bon départ des deux skieurs, Kingsbury a été fidèle à lui-même dans la section du milieu, mettant la pression sur son adversaire.
Horishima a tenté d’augmenter la cadence, mais s’est fait prendre au jeu. Il a dévié de sa trajectoire et n’a pu effectuer son saut du bas, offrant du même coup la victoire à Kingsbury.
« Quand je l’ai vu sortir sur le côté, j’ai fait mon backflip dans les airs et je me suis dit : ‘’ holy shit, you dit it ! ‘’ », a raconté le champion olympique.
« Après, j’ai tellement crié fort et je suis tellement rentré vite que je n’ai pas été capable de freiner et je suis rentré dans le mur, a-t-il poursuivi. J’ai tout donné ce que j’avais et je ne pouvais pas demander un meilleur scénario que de skier en finale contre Ikuma. En plus de gagner les Jeux, je les ai gagnés contre le meilleur skieur de bosses au monde présentement…après moi ! »
« Quand j’étais en grande finale, c’est là que je me suis senti le mieux. J’ai fait confiance à toutes les années d’entraînement que j’ai mis et j’ai tout donné ce que j’avais dans le réservoir. Ç’a fonctionné ! »
– Mikaël Kingsbury
L’athlète de 33 ans a ainsi la main sur la cinquième médaille olympique de sa carrière et sur une deuxième en or. Pour ce faire, il n’a pas hésité à mettre la pression à chaque départ, ce qui a eu pour effet de créer des sorties de piste de deux de ses rivaux lors des rondes précédentes.
« Ils savent que contre moi, il faut qu’ils poussent. Après toutes ces années, je pense que c’est ça, la prestance que j’ai en haut du parcours. Ils savent que ça va être difficile et ils vont peut-être un peu au-delà de leurs limites. J’étais capable de mettre de la pression rapidement. »
« Aujourd’hui, Mikaël était comme un guépard. Quand il était en haut, il était couché sur le sol au soleil et il se reposait. Une fois dans le portillon de départ, il était prêt pour attaquer sa proie », a pour sa part mentionné l’entraîneur Michel Hamelin pour imager la situation.
Chose certaine, cette cinquième et dernière médaille olympique revêt un cachet particulier pour le principal intéressé, qui pouvait compter sur tout son entourage proche pour l’occasion.
« La médaille d’or à Pyeongchang, c’était la réalisation du rêve. Aujourd’hui, c’est un peu le même feeling. Pour celle-là, en plus, j’ai mon petit gars et ma blonde en bas du parcours, toute ma famille qui est ici pour les Jeux pour la première fois. Je voulais leur donner de quoi célébrer et c’est réussi », a-t-il lancé sans détour.
Et pour la suite ?
« Mes plans s’arrêtaient au 15 février. Je m’en vais à Milan, j’ai des billets pour le hockey, c’est tout ce que je sais », a-t-il indiqué en riant lorsque questionné sur son avenir à court terme.
Sans dire s’il sera de nouveau en action en Coupe du monde cette saison, Mikaël Kingsbury promet d’être sur ses skis lors des prochains Championnats canadiens prévus au Mont Saint-Sauveur, pour y boucler la boucle.
« C’est là que tout a commencé et je veux y être. Pour l’instant, je vais aller savourer ma victoire », a-t-il conclu avant de retrouver ses proches, réunis en grand nombre au bas de la piste.
Une frousse pour Julien Viel
Également en action dimanche, Julien Viel a connu une courte journée de travail. Arborant le dossard numéro un de meneur de la spécialité au classement mondial, le Québécois a profité d’un laisser-passez au premier tour, avant de se payer toute une frousse contre le Japonais Takuya Shimakawa.
En avance, Viel a raté une bosse à quelques mètres du second saut et est violemment tombé au sol avant de frapper une bosse. Visiblement secoué, il a pris quelques secondes à se relever, puis a regagné le bas de la piste de ses propres moyens.
« On va vite et on peut faire des erreurs, ça arrive. Je n’ai pas poussé mes limites, je suis resté dans ma zone, j’ai juste raté un timing de bosse et il est arrivé ce qui est arrivé. Il faut faire avec. Je demeure content de ma journée quand même », a-t-il expliqué après une visite rapide à l’infirmerie.
« Tout est beau, il n’y a rien de grave, rien d’alarmant. J’ai encore mal à l’épaule, mais tout est beau. »
Seul autre Québécois inscrit aux bosses en parallèle, le Drummondvillois Elliot Vaillancourt a de son côté subi l’élimination au premier tour au terme d’un duel serré contre ce même Shimakawa.
« J’ai vu la reprise de côté uniquement, mais j’ai eu une déviation sur le saut du haut. C’est une erreur à surveiller, je me suis fait prendre par la vitesse. J’ai eu du bon ski, j’ai réussi à avoir le temps, mais il a eu plus de points pour le saut du bas », a-t-il analysé en zone mixte.
Les épreuves de bosses étant maintenant choses du passé, le parc des bosses et des sauts laissera place aux sauteurs, qui entreront en action dès mardi, à l’occasion des qualifications féminines en simple. Marion Thénault tentera d’y obtenir sa place pour la grande finale olympique.