16 Fév - 2016 | par Mathieu Laberge

Patinage de vitesse longue piste

Olivier Jean, le nouveau marathonien, a déjà 2018 en tête

Montréal, 16 février 2016 (Sportcom) – Pour progresser, il faut parfois sortir de sa zone de confort. C’est ce qu’a fait le patineur de vitesse Oliver Jean la semaine dernière, alors qu’il a pris le départ de deux marathons extérieurs en Suède d’une distance de 100 kilomètres et de 150 kilomètres. Et il a appris à la dure.

« Ce n’est pas parce que je patine depuis longtemps que je suis si bon que ça sur des patins, explique-t-il sans gêne. Je ne m’imaginais pas être aussi démoli! Je n’ai même pas fait la moitié de la course. J’ai un ongle d’orteil qui est bleu et des ampoules aux pieds. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui ont fait les 250 kilomètres en trois jours. »

L’athlète de Lachenaie n’a pas rallié l’arrivée aux deux courses, sauf qu’il en tire toutefois une précieuse expérience pour une éventuelle participation à la nouvelle épreuve du départ groupé en longue piste qui fera son entrée au programme olympique à PyeongChang en 2018.

« Ce n’est pas un sport pour les doux! »

À l’épreuve de 100 kilomètres, Jean a pu demeurer dans le peloton pendant 16 kilomètres et il s’est rendu jusqu’à la mi-parcours à celle de 150 kilomètres.

« (À la course de 100 kilomètres), il y avait beaucoup de vent de côté et c’était difficile de se cacher dans le peloton. Il y avait des bordures et des attaques comme dans une course de vélo de route », a expliqué le double Olympien. « Je n’ai pas eu le temps d’apprécier la course et j’étais complètement déboussolé. À la deuxième course, j’ai vécu une expérience plus enrichissante. Ce n’est pas un sport pour les doux! »

N’ayant pas été retenu pour les Championnats du monde par distances individuelles de la fin de semaine dernière, Jean a profité de cette pause pour également participer à des épreuves du circuit professionnel de marathons KPN. Ces courses de 50 kilomètres sont disputées sur des anneaux intérieurs et regroupent environ 80 athlètes.

« Cette saison, je suis plus entraîné pour le 1500 mètres, soit un effort d’une minute et demie. La fin de semaine dernière, c’était parti pour 4 heures et demie de course. Disons que je me suis senti comme un patineur débutant. C’était extrêmement impressionnant de voir la vitesse, les attaques et la confiance qu’avaient les patineurs pour partir en échappée. Ils font des attaques alors qu’il reste deux heures et demie de course. Ça n’a pas de bon sens! »

Les marathons de patinage de vitesse sont très populaires aux Pays-Bas, sauf que les épreuves extérieures se font de plus en plus rares en raison du réchauffement climatique. La dernière édition du Elfstdentocht, un parcours de 200 kilomètres sur les canaux qui relient 11 villes est le plus prestigieux marathon et sa dernière présentation remonte à 1997.

Les épreuves extérieures ont donc été déplacées en Suède et en Autriche, sauf que le noyau dur des spectateurs demeure aux Pays-Bas. Les épreuves intérieures n’ont pas le même prestige que les courses extérieures qui ont plus de 100 ans d’histoire et qui font partie de la culture sportive nationale comme l’indique le Québécois.

Le partage des connaissances

Le week-end dernier, le médaillé d’or au relais en courte piste des Jeux de Vancouver a fait le voyage en Suède avec l’équipe professionnelle néerlandaise A-Ware/Fonterra, ce qui lui a permis de profiter de précieux conseils techniques, tactiques et aussi d’entraînement.

« Je m’entraîne avec eux depuis que je suis ici et c’est une chance incroyable. C’est du donnant-donnant. Je m’intéresse à leurs lames et eux sont intéressés à ce que je faisais à l’entraînement en courte piste. Ils trouvent que je fais de bons virages. Ici, aux Pays-Bas, il y a deux marathons par semaine et 100 athlètes au départ. Pour acquérir de l’expérience, c’est ici qu’il faut être », poursuit celui qui participera à deux marathons sur piste cette semaine.

Et la courte piste dans tout ça? La discipline sera assurément encore bien présente dans l’entraînement du vétéran de 31 ans qui cite en exemple la Néerlandaise Jorien ter Mors qui a été sacrée championne du monde au 1000 m et au 1500 m la fin de semaine dernière sur longue piste.

« Elle s’entraîne presque exclusivement en courte piste et elle sera aux Championnats du monde de courte piste cette année. Les Néerlandais sont conscients de ce que la courte piste peut apporter à la longue piste », explique Jean à propos de la championne olympique en titre au 1500 m et à la poursuite par équipe.

Avec le grand bassin d’athlètes en courte piste qui existe au Québec, plusieurs entraîneurs commenceront sûrement à regarder ce qui se fait aux Pays-Bas afin de s’inspirer de ce travail. 

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