Paratir à l'arc - Championnats du monde
Paratir à l'arc - Championnats du monde
Photo: World Archery
Montréal, 1er octobre 2025 (Sportcom) – Le Québécois Daniel Comeau et son partenaire Kyle Tremblay ont eu du mal à s’ajuster à la suite de problèmes techniques survenus au concours par équipe masculine de l’arc à poulies, aux Championnats du monde de paratir à l’arc. Incapables de retrouver leur rythme, ils se sont inclinés 144-141 contre les Britanniques, dans un match où la médaille de bronze était à l’enjeu.
Comeau et Tremblay ont profité d’un laissez-passer au premier tour éliminatoire en vertu d’une récolte de 1341 points aux qualifications. Les Canadiens y sont ensuite allés de surprise en surprise. Ils ont vaincu les Italiens 150-146, avant de refaire le même coup aux représentants de l’Inde, deuxièmes des qualifications et tous deux finalistes du concours individuel, l’emportant 152-150.
Les espoirs de médaille d’or de Comeau et Tremblay se sont envolés en demi-finales lorsqu’ils ont subi une défaite de 152-147 contre les Américains Ben Thompson et Kevin Polish, futurs champions du monde.
« Tout était possible en équipe et, honnêtement, on espérait un podium. Il y a eu des problèmes techniques avec l’horloge pendant la finale de bronze, ce qui a brisé notre momentum. Nous avons été un peu déstabilisés, mais nous avons appris notre leçon pour la prochaine fois, je ne commets jamais deux fois la même erreur », a partagé Daniel Comeau, qui participait à ses premiers mondiaux à Gwangju, en Corée du Sud, mais aussi à sa première compétition internationale.
Comeau, ancien militaire qui est atteint de la sclérose latérale amyotrophique depuis 11 ans, s’est dit insatisfait de sa performance des qualifications de l’épreuve individuelle. Il a pris le 27e rang avec 674 points. Le Québécois s’est mesuré à l’Américain Richard Dean Burkett Jr, 38e des qualifications, et a eu le dessus 143-140.
Son parcours s’est arrêté au tour suivant sur une défaite de 147-144 contre le Chinois Bao Yirui, dans un match âprement disputé où l’égalité tenait toujours après quatre manches.
« J’ai très bien tiré à mon premier match éliminatoire, je me sentais super bien. Ensuite, je me suis retrouvé contre le sixième des qualifications, un excellent tireur. J’ai eu un petit problème d’équipement en fin de match et j’ai perdu 3 points. À ce niveau, la moindre erreur peut signifier la défaite », a expliqué Comeau.
« C’était ma première expérience aux mondiaux, mais aussi ma première au niveau international. J’ai vraiment savouré le moment présent, la compétition était féroce et le calibre très relevé. Ça m’a permis de me comparer aux autres pour savoir où je me situe par rapport aux meilleurs au monde », a-t-il ajouté.
En grande finale, Toman Kumar, de l’Inde, a vaincu son compatriote Rakesh Kumar, qui a dû déclarer forfait au milieu du duel. Le Britannique Nathan MacQueen s’est emparé de la médaille de bronze de la catégorie.
Comeau a de grandes ambitions pour les saisons à venir. Il souhaite d’abord atteindre le top-8 individuel des prochains Championnats du monde et visera une médaille au concours par équipe. Son principal objectif demeure une participation aux Jeux paralympiques de 2028.

Lavergne tient tête à l’élite mondiale
À l’arc recourbé, Jean-François Lavergne s’est classé 33e à ses deuxièmes Championnats du monde. Il a été éliminé au deuxième tour éliminatoire par le Thaïlandais Hanreuchai Netsiri, éventuel médaillé de bronze à Gwangju.
Le Québécois, fort d’une récolte de 577 points en qualification, a pris les devants 2-0 dans ce duel, puis une erreur commise à la ronde suivante est venue le ralentir.
« J’ai senti que la corde est restée trop longtemps dans mes doigts et la flèche est partie beaucoup trop haut. Ç’a brisé ma volée et il a su capitaliser », a souligné Lavergne, militaire ayant commencé le paratir à l’arc en 2022.
Son adversaire a égalé la marque et s’est sauvé avec les deux dernières manches au compte de 28-26 et 23-22, signant une victoire de 6-2.
« Il m’a battu 6-2, mais ça ne montre pas à quel point c’était serré. Ç’a passé extrêmement proche que j’atteigne le prochain tour. C’était une bonne compétition, je l’ai fait suer et je l’entendais brasser de la mauvaise humeur en thaïlandais. Il ne se sentait pas en sécurité ! »
Hanreuchai Netsiri est désormais deuxième au classement mondial de la discipline. L’Italien Stefano Travisani a été couronné champion du monde. Il l’a emporté en finale face à l’athlète individuel neutre Anton Ziapaev.
Plus tôt cette saison, Jean-François Lavergne avait livré une chaude lutte au Mexicain Samuel Molina, troisième sur l’échiquier mondial.
« Clairement, ils savent qui je suis maintenant ! Ça démontre que je peux rivaliser avec les meilleurs. J’ai confiance en mes capacités et je suis amplement capable de gagner ces gros matchs-là, il suffit d’avoir une bonne journée. »
En peaufinant sa technique et en suivant les conseils de son entraîneur Bryan Nguyen, l’archer de Saint-Raymond a isolé des points précis dans ses mouvements afin « d’épurer chacun de [ses] tirs ». S’il a manqué de temps pour participer aux Jeux paralympiques de Paris, Lavergne croit avoir tout ce qu’il faut pour se démarquer à ceux de Los Angeles en 2028.
« Je fais déjà les pointages nécessaires pour m’y présenter. Je vais continuer de m’améliorer. Donnez-moi encore deux années d’entraînement, je vous assure que ce ne sera pas le fun pour mes adversaires une fois rendu là-bas. C’est mon objectif. »