Patinage de vitesse longue piste – Jeux olympiques
Patinage de vitesse longue piste – Jeux olympiques
Greg Kolz / COC
Milan, 12 février 2026 (Sportcom) – Si vous avez des questions sur les sports de patinage de vitesse, Laurent Dubreuil et son père Robert Dubreuil sont probablement parmi les Québécois les mieux placés pour vous y répondre. Et ça tombe bien, nous les avons tous deux rencontrés à Milan pour les interroger sur les nombreux records brisés sur longue piste depuis le début des Jeux olympiques 2026.
Ils ne sont ni scientifiques ni maîtres de glace, mais ils sont experts dans leur art. Le paternel, Olympien des Jeux de Calgary en 1988 et d’Albertville en 1992, occupe maintenant le poste de directeur général de Patinage de vitesse Québec. Laurent, quant à lui, fait toujours partie de l’élite de son sport à ses troisièmes JO et, rêvons un peu, il pourrait lui-même battre un record olympique ce samedi, à l’occasion du 500 m.
Depuis le début des Jeux de Milan-Cortina, chaque séance a vu au moins un athlète améliorer la marque olympique sur longue piste. Mais pourquoi les records tombent-ils sur un anneau de glace temporaire dans un centre de congrès situé au niveau de la mer ?
Peu nombreux sont ceux qui s’y attendaient et les discussions étaient nombreuses dès le premier jour des activités à l’anneau de patinage de vitesse de Milan. Mais les deux principaux intéressés, eux, n’ont pas été surpris une seconde.
« Aux deux derniers Jeux, à Pékin et à Pyeongchang, les anneaux n’étaient pas considérés comme particulièrement rapides. On compétitionne présentement sur une glace d’une vitesse comparable, à altitude similaire. Ce qui a surtout changé, selon moi, c’est le niveau des patineurs au cours des quatre dernières années. Ils se sont réellement améliorés, et ça ne me surprend pas », a d’abord expliqué M. Dubreuil, quelques minutes avant la séance sur 1000 m.
Peu de temps après, le phénomène américain Jordan Stolz, nouvelle icône du patinage de vitesse longue piste, a mis la main sur l’or en battant le record olympique par neuf dixièmes de seconde.
« Le niveau est meilleur, les gens s’entraînent mieux, la science du sport évolue. Les entraînements sont de plus en plus spécialisés, de plus en plus scientifiques dans l’approche. Les athlètes voient des temps, voient leurs héros faire certaines performances, puis ça les drive à s’améliorer. Il y a certains patineurs exceptionnels en ce moment sur le circuit également. Donc c’est la combinaison de tout ça. On s’améliore avec les années, c’est normal », a de son côté fait valoir Laurent Dubreuil après sa huitième place au 1000 m.
Et la glace, elle, elle est bien ?
Pas de doute et ce sont les mêmes maîtres de glace de Calgary qui s’occupent de la patinoire à Milan, comme ce fut le cas lors des deux derniers Jeux olympiques d’hiver.
« La glace est rapide, oui, mais je pense qu’elle est similaire à celle de Pékin et de Pyeongchang, a confié le médaillé d’argent olympique à Pékin. Ce sont les mêmes spécialistes qui ont préparé la glace, donc oui, c’est rapide, mais pas plus que les dernières fois. »
Un autre facteur peut également entrer en ligne de compte, soit celui de la pression barométrique. Plus elle est basse, plus les temps seront rapides. Pour y contribuer, l’humidité joue un rôle crucial. Et de l’humidité, il y en a bien assez à Milan !
« C’est très humide, très nuageux. C’est un petit avantage d’avoir une basse pression barométrique. Ce n’est pas une pression, ça ne fait pas tempête dans les derniers jours, mais ça peut avoir joué un petit peu », a indiqué Robert Dubreuil.
En d’autres mots, les athlètes de patinage de vitesse longue piste doivent assurément préférer les journées d’épais brouillard et de pluie, comme on a ces jours-ci sur Milan. « Si on se fie à la température extérieure, le soleil, ce n’est pas bon pour les patineurs », a conclu M. Dubreuil en riant.
Au final, à Milan, ce ne sont certainement pas les rayons du soleil qui font fondre les chronos, mais bien une nouvelle génération d’athlètes mieux préparée et plus affamée que jamais. Et tant que les nuages continueront de s’inviter au-dessus de l’anneau, les records, eux, risquent de continuer à tomber.