20 Juil - 2021 | par Sportcom

Or Série – Paracyclisme sur route

« Tous les astres sont alignés » – Marie-Ève Croteau

Nouvelle

Or Série

Photo: Tac Tic Marketing

Montréal, 20 juillet 2021 (Sportcom) – Si la malchance s’est abattue sur elle à l’aube des deux derniers Jeux paralympiques, Marie-Ève Croteau (T2) estime que cette fois-ci sera la bonne. Prête tant mentalement que physiquement, tout semble finalement en place pour que la paracycliste québécoise puisse obtenir un premier podium à Tokyo.

En 2012, une lourde chute survenue un mois avant les Jeux de Londres a été l’origine d’une sévère commotion cérébrale et a privé Croteau de ses premières courses paralympiques. En 2016, elle s’est fait voler ses vélos avant son départ pour le Brésil, ce qui avait perturbé sa préparation avant la compétition.

Après le fameux report de 2020, Marie-Ève Croteau espère ne pas vivre d’incidents comparables d’ici la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Tokyo, prévue le 24 août prochain.

« Ça se fait par étapes, on dirait ! À Londres, je suis entrée dans le stade et j’ai salué la foule. À Rio, le vol de vélos a compliqué la donne et la tête n’était pas là à 100% », se remémore la Québécoise. « Mon rêve d’enfant était d’aller aux Jeux. On grimpe les échelons et là, l’objectif, c’est vraiment le podium. »

Plusieurs facteurs ont permis à l’athlète de 42 ans de se retrouver au sommet de sa forme cet été et de viser gros au Japon, à commencer par la pandémie. Cette pause forcée a donné le temps nécessaire pour travailler certains aspects de son sport, dont les montées, sa « bête noire » en compétition. Le parcours exigeant de Tokyo en comptera deux et Marie-Ève Croteau a pu s’y entraîner virtuellement grâce au logiciel Fullgaz.

« Je sais à quoi ça ressemble et je suis bien préparée. La pandémie a causé bien des pépins, mais côté sportif, ç’a été plus bénéfique. Il n’y a pas eu de compétition en 2020, mais beaucoup d’entraînements qui ont été payants. »

En plus de l’année supplémentaire de préparation, Marie-Ève Croteau a eu droit à un nouveau tricycle mieux adapté, développé en collaboration avec le centre de recherche et d’innovation en santé TOPMED.

« Ça faisait deux ans qu’on travaillait dessus. J’ai parlé de ce que j’avais besoin, tant pour mon sport que mon handicap. Ç’a été des essais et erreurs, mais on savait qu’on avait du temps, souligne Croteau. Le vélo est plus racing, je suis plus confortable dessus et je me sentais bien dès les premiers coups de pédale. »

Celle qui a terminé au pied du podium à Rio a pu manœuvrer son nouvel engin aux plus récents Championnats du monde, au Portugal, où des ennuis mécaniques l’ont cependant privée d’un podium.

Une performance qui lui permet de faire quelques ajustements et de viser une médaille à Tokyo. « C’est la seule médaille qui n’a pas été accrochée à mon cou. J’ai le potentiel et la puissance pour pouvoir aller chercher un podium », lance-t-elle avec confiance. « Je suis fébrile, j’ai hâte ! Je me sens prête et je suis en forme. Tous les astres sont alignés cette fois et ce sera un beau défi »

Marie-Ève Croteau, aux côtés du directeur général de TOPMED, Claude Morin, et de l’orthésiste-prothésiste Elizabeth Lafrance. (Photo: Tac Tic Marketing)

Une réserviste de premier plan

Croteau sera accompagnée du Québécois Charles Moreau à Tokyo, lui qui en sera à ses deuxièmes Jeux paralympiques. Il avait remporté deux médailles de bronze à Rio, en 2016.

Un nom bien familier dans le monde du paracyclisme canadien ne figurait toutefois pas sur la liste officielle de la délégation qui ira à Tokyo, dévoilée par Cyclisme Canada le 7 juillet. Il s’agit de celui de Marie-Claude Molnar, qui devra se contenter du rôle de réserviste pour les épreuves sur route et sur piste.

Sacrée championne du monde au contre-la-montre et à la course en ligne chez les C4 lors des Championnats du monde 2021, la Québécoise n’a pu obtenir son billet pour Tokyo. Une situation qui aurait pu être bien différente sans la pandémie et l’annulation de multiples événements primordiaux pour le processus de qualification paralympique, qui a pris fin le 16 mai dernier.

« Malgré mes récentes performances, il y a un long processus de sélection qui se fait avec les résultats de tous nos athlètes. J’avais eu de bons résultats en 2019 et en 2020, mais par la suite, le calendrier a été chamboulé et il y a des compétitions auxquelles je n’ai pas pris part par mesure de sécurité », explique-t-elle.

Pour recevoir un laissez-passer automatique pour les épreuves paralympiques sur piste, Molnar devait obtenir un top-4 à la poursuite individuelle lors des Championnats du monde 2020 (Milton), ou bien un top-3 au départ lancé lors de ce même événement. Elle s’était cependant classée sixième et septième lors de ces épreuves.

Scénario similaire pour les compétitions paralympiques sur route, alors que les places canadiennes étaient réservées aux athlètes ayant terminé parmi les cinq premiers de leur catégorie lors d’une Coupe du monde, de même qu’à ceux qui avaient obtenu un top-8 aux Championnats du monde 2019. Molnar était cependant absente lors de cette compétition qui se déroulait au même moment que les Jeux parapanaméricains de Lima, au Pérou.

Deux ans plus tard, l’athlète de Longueuil se dit évidemment déçue, mais loin d’être découragée par la situation. « J’ai donné tout ce que je pouvais. J’ai fait ce que j’ai pu et pour le reste, il y a des décisions qui ne m’appartiennent pas », lance la médaillée de bronze au contre-la-montre des Jeux paralympiques de Londres.

Marie-Claude Molnar lors des Championnats du monde 2021.

« Les autres athlètes ont aussi très bien performé. Les personnes qui sont là, elles ont mérité leur place et je suis fière d’elles. J’ai confiance qu’elles vont donner tout ce qu’elles ont et qu’elles vont avoir de bonnes performances. »

À titre de première remplaçante de l’équipe canadienne, Molnar doit demeurer sur le qui-vive jusqu’au départ de l’équipe canadienne pour la capitale japonaise. Et si Cyclisme Canada doit faire appel à ses services, elle assure qu’elle sera prête à représenter fièrement son pays, comme elle l’avait fait à Londres et à Rio (2016).

« Parfois, Carey Price doit laisser sa place à Jake Allen et quand il entre, il est prêt ! J’estime que mon rôle est la même chose et je dois rester dans la meilleure forme de ma vie. Mes performances à l’entraînement sont vraiment excellentes et s’ils ont besoin, je serai prête. Mon rôle, c’est ça et de souhaiter bonne chance à tous mes coéquipiers qui s’envoleront vers Tokyo bientôt », conclut-elle.

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Rédaction : Luc Turgeon (Luc.turgeon@sportcom.qc.ca) et Mathieu Fontaine (mathieu.fontaine@sportcom.qc.ca)

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