7 Fév - 2026 | par Mathieu Fontaine

Patinage de vitesse sur longue piste - Jeux olympiques

Une première médaille olympique individuelle bien spéciale pour Valérie Maltais

Nouvelle

Une patineuse canadienne en action.

Greg Kolz / COC

Milan, 7 février 2026 (Sportcom) – À ses cinquièmes Jeux olympiques, Valérie Maltais l’a enfin, sa première médaille individuelle. La Québécoise a réussi l’exploit en terminant troisième du 3000 m au terme d’une séance pour le moins atypique, samedi, procurant du même coup une première médaille au Canada à ces Jeux de Milan-Cortina.

« C’est un petit peu difficile de dire la différence (des médailles en équipe) pour le moment. Je pense que ce qui me fait savourer cette médaille, c’est tout le processus, tout ce qu’on a fait. Tout ce que j’ai appris en tant qu’individu et en tant qu’athlète. C’est ça qui va me faire apprécier cette médaille encore plus », a laissé tomber Maltais, toujours sur le coup de l’émotion en zone mixte.

Les choses ont d’ailleurs tardé à s’animer au Milano Speed Skating Stadium, mais l’attente en a valu le coup. Si un calme quasi plat régnait avant l’arrivée de la huitième paire du jour, soit celle de Maltais et de l’Italienne Francesca Lollobrigida, il en fut tout autre pour le reste de l’épreuve.

Les deux patineuses n’ont pas manqué d’alimenter la foule, améliorant les temps intermédiaires à chaque passage après la mi-course. Maltais a même pris l’avance, mais sa rivale gardait le meilleur pour la fin.

La favorite locale a accéléré dans les deux derniers tours pour reprendre les commandes et franchir l’arrivée au premier rang provisoire, record olympique à la clé en 3 min 54,28 s.

« Francesca (Lollobrigida) a fait une très belle course, elle m’a vraiment challengée. Mon plan, c’était de faire ma course dans ma course et de bien exécuter jusqu’à la fin. Même si je la voyais loin (devant), je savais que ça allait se jouer jusqu’à la fin », a révélé Maltais (3 min 56,93 s) qui a abouti au deuxième rang provisoire avec encore deux paires à s’élancer.

Parmi celles-ci, on retrouvait quelques-unes des meilleurs athlètes de la distance avec sa compatriote Isabelle Weidemann, la Norvégienne Ragne Wiklund, ainsi que les Néerlandaises Joy Beune et Marijke Groenewoud.

Wiklund (3 min 56,54 s) a d’abord eu le dessus sur Groenewoud (4 min 1,35 s) pour repousser la Saguenéenne d’une place au classement provisoire. Puis, dans le dernier départ du jour, Weidemann et Beune, championne du monde en titre au 3000 m, étaient les deux dernières prétendantes à pouvoir priver Maltais d’une première médaille olympique individuelle.

Les patineuses ont donné quelques sueurs froides à la Québécoise, mais elles n’ont pu maintenir le rythme en fin de course, concluant respectivement quatrième et cinquième.

« Je ne savais plus quoi penser, ç’a été stressant jusqu’à la fin ! En voyant Isabelle et Joy, j’avais de la misère à y croire, mais je savais que j’avais un bon temps. On a mis la pression sur Joy et je dois être fière de ça, surtout qu’elle a bien patiné toute la saison », a révélé Maltais.

« Quand j’ai vu les résultats, je me suis dit : ‘’On a réussi !’’. Je pense que j’ai black-out à ce moment-là, a-t-elle poursuivi en riant. Je me suis entraînée pour être championne olympique. Il faut viser haut. Ce n’est pas une défaite, c’est une grosse victoire pour moi. »

L’importance de l’entourage

Médaillée olympique à deux reprises en équipe, soit une fois sur courte piste à Sochi en 2014 et une fois sur longue piste à Pékin en 2022, Valérie Maltais avait de la difficulté à retenir ses larmes en zone mixte. Elle est revenue à plusieurs reprises sur les nombreux sacrifices faits au cours des dernières années, ainsi que sur la qualité de son entourage qui, selon elle, lui a permis de repousser ses limites tout au long du dernier cycle olympique.

« On a fait un plan au début de l’année et on l’a suivi à la lettre. Je savais que j’avais tout fait en mon pouvoir pour être prête. Je me suis entourée de personnes intelligentes, on a pris des risques, mais ils étaient calculés », a-t-elle confié.

« On m’a mis inconfortable, mais ça m’a permis de mieux avancer. Au fond de moi, il y a quelque chose qui me disait que j’étais capable et j’ai cru en moi. Aujourd’hui, j’ai livré la performance qu’il fallait et je suis vraiment fière. »

– Valérie Maltais 

Trois fois médaillée en Coupe du monde cette saison sur 3000 m, la patineuse de 35 ans n’a d’ailleurs pas manqué de saluer sa famille, présente dans les estrades, avant de se prêter aux célébrations usuelles de remise des médailles.

« Ma famille, c’est ce qui me rend émotive », a-t-elle lancé au sujet de ses fidèles patisans. « À 19 ans, j’ai fait mes premiers Jeux à Vancouver et ça s’est commencé avec mes parents dans les estrades. Quand mon père m’a dit qu’il allait venir ici (à Milan), il m’a dit : ‘’on a commencé ensemble, on va finir ensemble’’. De les avoir ici, pour moi, ça veut dire beaucoup. De boucler la boucle ensemble, c’est unique ! »

Les JO de Milan-Cortina ne font que commencer pour Valérie Maltais, qui disputera trois autres épreuves. Dès sa prochaine sortie, prévue le 17 février, elle amorcera la défense du titre olympique à la poursuite par équipe en compagnie d’Isabelle Weidemann et d’Ivanie Blondin, à l’occasion des qualifications.

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