1 Nov - 2022 | par Luc Turgeon

Gymnastique artistique – Championnats du monde

William Emard refait surface

Nouvelle

Photo: Twitter/Gymnastique Canada

Montréal, 1er novembre 2022 (Sportcom) – Une blessure qui traîne depuis un an a découragé le gymnaste William Emard cet été. Après avoir pris ses distances avec le sport, il a retrouvé sa passion à temps pour les mondiaux, où la formation canadienne masculine a signé un premier top-10 depuis 2006.

Emard a touché le fond du baril en juin. La douleur à son biceps gauche a débuté aux Championnats du monde de 2021, où le Québécois a d’ailleurs établi un record canadien en se classant huitième du concours complet.

Les médecins ont d’abord diagnostiqué une tendinite et il a repris l’entraînement, diminuant légèrement sa charge de travail. En juin, ç’en était devenu trop pour le Lavallois de 22 ans.

« Je ne comprenais pas pourquoi ça s’aggravait, a raconté Emard à Sportcom. Je savais que quelque chose n’allait pas et j’ai demandé au médecin de passer une nouvelle IRM (imagerie par résonnance magnétique). »

Résultat, la soi-disant tendinite s’avérait plutôt être une déchirure partielle qu’il n’aura fait qu’empirer, de novembre à juin. Il aurait dû se tenir loin des anneaux, des barres parallèles et de la barre fixe et devait alors prendre du repos.

C’est à ce moment qu’il s’est questionné quant à son avenir en gymnastique artistique.

« J’étais mentalement épuisé, tanné d’avoir mal au bras tous les jours et je me suis retiré complètement du sport pendant un mois et demi. J’ai décidé de revenir en juillet pour voir si j’avais le goût de recommencer et ç’a été une victoire sur tous les points. J’avais retrouvé le plaisir que j’avais à faire de la gymnastique depuis que j’étais tout jeune. »

William Emard a effectué son retour à la compétition à la Coupe Challenge de Paris en septembre et a conclu au cinquième rang de l’exercice au sol. Même s’il est toujours limité à trois engins, soit le sol, la table de saut et le cheval d’arçons, le Québécois est resté motivé à l’approche des Championnats du monde qui ont lieu cette semaine, en Grande-Bretagne.

Marge de manœuvre

Ces mondiaux ont surtout servi d’évaluation pour l’équipe nationale masculine, qui souhaite davantage briller l’an prochain, à la qualification olympique. Les douze premières nations du concours par équipe lors de cette compétition obtiendront leur billet pour les Jeux de Paris, prévus l’année suivante.

L’objectif des gymnastes canadiens était de répondre à ce critère afin d’établir des bases et de se donner confiance.

William Emard, Félix Dolci et Samuel Zakutney ont fait équipe avec Chris Kaji et Zachary Clay pour boucler le top-10 de l’événement, en raison d’un cumulatif de 242,962. Les huit pays les mieux classés se sont qualifiés pour la finale.

« On visait le top-12, soit ce que ça va nous prendre pour Paris, afin d’aller chercher un certain momentum. On a fait top-10 et c’était assez serré, mais c’est quand même malade de passer de la 17e à la 10e place ! Ça fait vraiment du bien », a confié Emard.

Il estime que ce résultat est encourageant en vue de la prochaine année, d’autant plus que la formation nationale a dû jongler avec plusieurs blessures. Emard n’est pas au sommet de sa forme et ne voulait pas prendre de risques inutiles, tandis que Samuel Zakutney revient d’une déchirure au ligament croisé antérieur.

Zachary Clay s’est quant à lui blessé à une cheville à la compétition et les entraîneurs ont dû user de stratégie.

« On était seulement trois Canadiens au lieu de quatre au sol et au saut. Trois notes sont retenues par pays et on n’avait pas le droit à l’erreur », a précisé Emard, qui a présenté des routines moins difficiles, où son taux de réussite est plus élevé.

« Sur le plan individuel, je me suis tiré une balle dans le pied. Je pouvais faire une croix sur les finales individuelles avec ces routines, mais j’étais prêt à prendre ce risque parce que je crois en notre équipe. Plusieurs athlètes ont apporté des ajustements pour limiter les risques. C’était la bonne décision. »

William Emard, qui a fini 20e à l’exercice au sol et 23e à la table de saut. Il a également le 93e résultat au cheval d’arçons.

Félix Dolci, aussi de Laval, a été le seul à s’élancer sur tous les engins. Il a obtenu son meilleur résultat à la table de saut avec une 15e place, puis a terminé 22e à la barre fixe.

Il s’est aussi classé 35e aux anneaux, 44e aux barres parallèles, 102e au sol et 124e au cheval d’arçon. Une performance bonne pour le 35e rang du concours complet.

De son côté, Samuel Zakutney a bouclé au 23e rang aux barres parallèles et au 26e à la barre fixe. Le Montréalais a aussi pris le 70e échelon du cheval d’arçons et au 76e des anneaux.

Du repos

Quelques mois après avoir remis en question sa carrière, William Emard retire une grande fierté du chemin parcouru cette saison.

Sa préparation pour les Championnats du monde a été mouvementée et il prévoit prendre du repos jusqu’en janvier, notamment pour soigner sa blessure.

« Je veux revenir en force et faire les six engins, comme d’habitude. J’ai fait des routines plus simples que ce que je peux faire en réalité, mais je les ai bien exécutées et j’ai apporté les pointages que l’équipe avait besoin, alors je suis content », a soutenu Emard.

Ce dernier s’est aussi dit déçu en quittant la compétition mardi. Avec un pas de recul, en considérant tout ce qu’il a traversé au cours des derniers mois, il ne peut retenir que du positif.

Son prochain objectif ? Aider l’équipe masculine à se qualifier aux Jeux olympiques.

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