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Montréal, 15 décembre 2025 (Sportcom) – Au cours des dernières années, le développement du bobsleigh canadien passait d’abord et avant tout par l’Ouest du pays avec les installations de Calgary, en Alberta, et de Whistler, en Colombie-Britannique. Voilà qu’une nouvelle génération d’athlètes veut changer la donne et remettre le Québec sur la carte dans cette discipline.
C’est également la volonté de l’ancien athlète de l’équipe nationale Anthony Couturier, qui a accepté dans les derniers mois de prendre les rênes de Bobsleigh Skeleton Québec. Avec de grandes ambitions derrière la tête pour le développement du sport, Couturier souhaite utiliser les installations déjà en place dans la province afin de faire découvrir le bobsleigh aux jeunes athlètes québécois.
« J’ai pris ma retraite sportive au cours de la dernière année, mais je savais que je voulais continuer à m’impliquer au niveau provincial. J’ai contacté l’organisation, qui était un peu sur pause depuis quelques années. L’organisme était intéressé et j’ai tout de suite accepté le rôle de directeur général du programme comme bénévole. C’est une première année avec de grandes ambitions et de nouveaux projets », a expliqué Anthony Couturier.
« Les projets sont embryonnaires pour le moment. Le premier objectif sera est de faire découvrir le sport dans la province au-delà des Jeux olympiques. On veut organiser des ateliers pour initier les gens à la poussée. On est chanceux au Québec d’avoir accès à une piste de poussée à Waterloo, en Estrie, la seule à l’Est du Canada. On veut enlever les embûches pour permettre à plus de Québécois d’atteindre l’équipe nationale », a-t-il ajouté.
Cette saison, quatre athlètes de la Belle Province ont atteint les rangs de l’équipe canadienne qui a participé aux premières étapes de la Coupe nord-américaine : Ariane Chiasson, qui a remporté quatre médailles en autant d’épreuves à Whistler et à Park City, Kyle Stoob, Justin Tremblay et Valérie Perreault, qui a agi comme réserviste depuis le début de la saison.
Selon Anthony Couturier, ces quatre athlètes démontrent un potentiel immense pour le futur, eux qui sont presque tous à leurs débuts en bobsleigh. Compter sur des athlètes qui devraient faire leur marque sur la scène mondiale d’ici quelques années sera un atout important afin d’attirer l’attention de la prochaine génération.
« Pendant ma carrière, j’étais souvent le seul Québécois au sein de l’équipe. Le fait d’en avoir quatre cette année, c’est super intéressant ! Ce sont tous d’excellents athlètes, Kyle et Justin ont des départs incroyablement rapides. On a aussi jumelé Ariane avec les meilleures pilotes au Canada. Leur potentiel est énorme et Bobsleigh Skeleton Québec va assurément profiter de la notoriété qu’ils vont obtenir dans les prochaines années », s’est réjoui Couturier.
Tremblay, le pilote, et Stoob, le freineur, ont d’ailleurs eu la chance de faire équipe au début de la saison en bobsleigh à deux, à Park City. Le sentiment d’appartenance au Québec était bien présent pour le duo qui a grandement impressionné, notamment lors de leurs départs.
Ceux qui ont terminé 13e et 16e aux deux épreuves disputées sur la piste qui a accueilli les Jeux olympiques de 2002 ont signé le deuxième départ le plus rapide de la manche initiale de la première course en 5,08 s. Ils ont récidivé lors de la deuxième journée en améliorant leur temps à 5,01 s.
« Kyle et moi, pour une nouvelle équipe, je pense qu’on dépasse un peu les attentes des entraîneurs. Les départs sont extrêmement rapides, on est toujours dans le top-5 pour la poussée et ça nous rend très fiers. C’était un de mes buts de faire partie d’une équipe toute québécoise et je suis vraiment heureux de vivre cette expérience-là avec Kyle ! Dès notre première poussée, les entraîneurs étaient impressionnés », a raconté Justin Tremblay.
« Kyle n’a pas peur, il veut apprendre et il est extrêmement fort. Nous ne sommes pas les plus gros et les plus grands, mais on a du cœur et on veut se battre ! On a du chien ! », a-t-il poursuivi.
Freineur au début de sa carrière, Justin Tremblay s’est lancé dans le monde du pilotage la saison dernière où il a participé à de certains camps afin de parfaire sa technique, et ce, malgré les blessures. S’il se considère toujours en apprentissage dans ce nouveau rôle, il croit avoir tout ce qu’il faut pour y connaître du succès.
« Je pense que je suis capable de contrôler la peur et c’est une grosse partie du travail de pilote en bobsleigh. Mon passé de joueur de rugby m’aide beaucoup avec ma force et ma puissance. Au rugby, quand je subissais un mauvais placage, je me relevais et je recommençais., C’est la même chose en bobsleigh, quand il y a un crash, je veux tout de suite retourner sur la piste. Je pense que mon TDAH y est pour beaucoup également », a expliqué Tremblay, en riant.
« L’équipe canadienne prend un virage jeunesse, particulièrement pour le développement des pilotes. La fédération nationale souhaite développer des pilotes plus jeunes, donc, au Québec, si on peut initier des jeunes avec des écoles de pilotage, ce serait un projet super intéressant où on pourrait se démarquer », a renchéri Couturier.
De son côté, Kyle Stoob a eu des horaires chargés lors des deux premières étapes du circuit nord-américain en participant aux épreuves de bobsleigh à 2 et à 4. À Whistler, en compagnie de Cyrus Gray, Cesar de Guzman et Chris Ashley, le Québécois a remporté deux médailles, dont une en or, lui qui a découvert le bobsleigh dans la dernière année grâce au Camp des recrues RBC.
« Il y a eu quelques difficultés au début de la compétition à Whistler, mais on a su s’adapter rapidement pour réussir quelque chose d’assez bien avec deux podiums. Je ne m’y attendais pas du tout, honnêtement. J’ai encore de la difficulté à réaliser tout ce qui s’est passé. Je venais faire mon travail, pousser fort et être le plus aérodynamique ensuite, mais c’est fou de voir qu’on était aussi bons », a lancé Stoob.
« Je suis un ancien joueur de football, je continuais à m’entraîner en salle un peu dans le but d’être prêt si une occasion comme le bobsleigh se présentait à moi. Je suis allé au Camp RBC sans trop d’attente au printemps dernier, j’étais simplement curieux de voir ce que je pouvais en tirer. J’ai été invité au premier camp de bobsleigh, mais je pensais me faire couper rapidement. Maintenant, je suis dans le circuit nord-américain, c’est vraiment inespéré ! », a-t-il conclu.
La prochaine Coupe nord-américaine de bobsleigh se tiendra à Lake Placid, dès le 2 janvier, où les Québécois tenteront de poursuivre leur lancée. De son côté, Ariane Chiasson s’élancera à la Coupe européenne de Winterberg, en Allemagne, les 20 et 21 décembre, en compagnie de la pilote Erica Voss. Elle rejoindra ensuite ses compatriotes à Lake Placid.
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