27 Mai - 2026 | par Mathieu Laberge

Escalade

Le second souffle d’Oscar Baudrand

Nouvelle

Montréal, 27 mai 2026 (Sportcom) – Délaisser une discipline, revenir vivre au Québec et nourrir une passion pour l’aviation sont les trois éléments qui ont donné un second souffle à la carrière du grimpeur Oscar Baudrand.

Parler d’un second souffle pour un sportif de 21 ans seulement peut sembler précoce à première vue. Mais lorsque l’on est sur la scène sportive internationale depuis l’adolescence avec une cinquantaine de Coupes du monde d’escalade au compteur, un pas de recul peut aussi être un signe de maturité.

Baudrand a pris le 29e rang de l’épreuve de bloc à la Série World Climbing de Berne, la fin de semaine dernière, en Suisse. D’importants changements ont marqué sa dernière année, comme il l’a expliqué en entrevue téléphonique avec Sportcom. Il a d’abord délaissé les épreuves de difficulté afin de se concentrer sur celles du bloc. Surtout, il a quitté Salt Lake City, où il demeurait et s’entraînait depuis plus de 10 ans.

Revenir au Québec était nécessaire, selon lui, s’il voulait continuer d’être un grimpeur de haut niveau au lieu de tirer un trait sur sa carrière d’athlète.

Être bien pour être meilleur

Enfant, Oscar Baudrand et sa famille sont déménagés à Salt Lake City où sa mère travaillait dans l’industrie minière. La ville qui a accueilli les Jeux olympiques d’hiver de 2002 est aussi celle où se trouve le centre national de l’équipe américaine d’escalade. Oscar et son frère aîné Victor, lui aussi un grimpeur, se sont longtemps entraînés à cet endroit, là où les meilleurs Américains et plusieurs athlètes internationaux viennent parfaire leur art.

Ces installations sportives étaient à la fine pointe, mais côté ambiance, c’était différent, concède Oscar Baudrand. Le côté « chacun pour soi » ne cadrait plus avec ce qu’il voulait vivre. Il a donc fait le même chemin que Victor, qui était déjà revenu au Québec depuis un bon moment déjà afin de poursuivre ses études à l’Université Bishop’s.

« À Salt Lake City, les installations étaient incroyables, mais socialement, je suis tellement plus heureux à Montréal. L’environnement est beaucoup mieux pour l’entraînement. Des personnes sont là pour me pousser et je trouve que c’est beaucoup plus positif. Les installations ne sont vraiment pas loin derrière (celles de Salt Lake City) et il y a une culture de haute performance qui commence à se développer. Ici, les gens se poussent et ils veulent le meilleur pour tout le monde. C’est très positif, tu as l’impression de grandir et d’évoluer en groupe et non pas de façon individuelle. »

Cette analyse fait écho à celle de Madison Richardson, native de l’Ontario et 37e au bloc à l’étape de Berne, qui a aussi déménagé dans la métropole québécoise, tant pour les installations que la communauté de l’escalade intérieure. Richardson et les frères Baudrand sont d’ailleurs tous affiliés au club Rose Bloc.

Vers d’autres sommets

L’autre raison qui a ramené l’athlète à Montréal est la poursuite de ses études en aviation. L’étudiant-athlète avait commencé à accumuler une centaine d’heures de vol en Utah, mais il ne se voyait pas continuer à grimper et voler.

« À la fin de la saison dernière, j’étais vraiment convaincu que j’allais abandonner l’escalade de compétition pour au moins un bon deux ans pendant que je faisais mon cours de pilote, parce que je n’aimais plus ça. C’est avec ma nouvelle vie à Montréal et un gros changement de perspective que j’ai pu trouver un nouvel amour pour l’escalade et l’entraînement. »

Vouloir grimper des murs et piloter des avions ont en commun une recherche d’intensité qui est chère aux yeux de Baudrand. Cette intensité, il veut la ressentir, tant dans ses hauts que dans ses bas.

« C’est ça qui apporte beaucoup de valeur dans ma vie. Je n’aime pas vraiment vivre une vie de routine et je préfère vivre tout ce qu’il y a sur le spectre. Ç’a m’apprend beaucoup de choses. »

Sa 29e place à la Série World Climbing de la semaine dernière, à quatre rangs d’accéder à la demi-finale, était un « bon début » selon lui, mais il ne se contentera pas de ce résultat. Le meilleur Canadien du jour avance qu’il n’est pas allé au bout de sa chaîne de mouvements pour se rendre jusqu’à la dernière prise de son parcours. Un peu plus de finesse et une meilleure lecture du mur lui auraient permis de poursuivre en ronde suivante.

« J’avais ce qu’il fallait pour bien performer, mais j’ai été dans des positions où je ne trouvais pas la solution, ce qui est plutôt rare pour moi. Souvent, en escalade, on pense qu’on fait une certaine chose avec notre corps sur le mur, mais quand on se regarde en vidéo, ce n’est pas ce que nous pensions et nous aurions pu aller plus loin. »

Oscar Baudrand sera des étapes Coupes du monde de Madrid et de Prague de la série mondiale au cours des deux prochaines semaines.

Il mettra ensuite les compétitions sur pause afin de donner un coup d’accélérateur dans ses études pour devenir un jour pilote d’avion de ligne étant donné que l’été est le meilleur moment pour accumuler des heures de vol. L’intensité, elle, sera toujours au rendez-vous.

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