4 Oct - 2022 | par Mathieu Laberge

Retraite sportive

Les petits deuils sportifs des parents d’athlètes retraités

Nouvelle

Photo: courtoisie

Un athlète de haut niveau qui prend sa retraite n’a pas que des impacts sur sa propre personne. Sa famille est aussi touchée par ce changement de carrière. Portraits en deux textes de parents dont leur enfant olympien a pris sa retraite de la compétition au cours des derniers mois.

Montréal, 4 octobre 2022 (Sportcom) – Alexis Lepage (triathlon) et Antoine Duchesne (cyclisme sur route) ont tous les deux annoncé leur retraite de la compétition l’été dernier. Le temps où ils accumulaient les kilomètres sur l’asphalte ou dans l’eau est terminé pour eux. Les choses ne seront plus comme avant, tant pour eux que pour leurs parents.

La fan #1 qui perd son joueur

En juin dernier, Alexis Lepage n’avait pas encore pris sa décision s’il arrêtait ou non sa carrière de triathlète. Quelques semaines plus tard, soit un an jour pour jour après sa participation au relais par équipe mixte des Jeux olympiques de Tokyo, il annonçait la fin de son aventure sportive qui aura duré 18 ans. En paix avec son choix, il concentre désormais ses énergies à développer un projet immobilier dans la région de Québec.

L’effet collatéral de cette retraite sportive, c’est sa mère Julie Gagné qui l’a ressenti lorsque son garçon lui a fait lire la publication Facebook de son annonce avant de la rendre publique. La retraite d’Alexis, cela signifiait aussi qu’elle ne le verrait jamais en action aux Jeux olympiques en bordure du parcours, comme elle l’a si souvent fait à des dizaines de courses.

« Ç’a m’avait beaucoup attristée de ne pas être aux Jeux. Défendre aux parents d’aller aux Jeux olympiques, pour moi, ça n’avait pas de sens, même si je comprenais que nous étions dans la période de la COVID-19 », indique celle qui avait acheté ses billets pour assister aux compétitions et réservé sa chambre d’hôtel dans la capitale japonaise.

« Et en plus, c’était sa dernière compétition et je n’ai pas pu la voir. »

Elle aurait aimé que son fils continue jusqu’aux Jeux de Paris 2024, mais elle respecte sa décision, ajoutant du même souffle qu’elle est admirative de l’avoir vu décrocher des diplômes de baccalauréat et de maîtrise en administration pendant ses années de sport de haut niveau.

Julie Gagné souligne à quel point elle carburait lorsqu’elle assistait aux compétitions de son garçon. Et quand elle n’était pas sur place pour le voir en action, elle se levait souvent en pleine nuit pour le regarder en direct sur les plateformes Web.

La coupure avec le triathlon ne s’est pas encore cicatrisée ajoute-t-elle. Encore cette saison, même si Alexis n’était pas en action, elle continuait à se réveiller aux aurores pour regarder Amélie Kretz, Emy Legault ou Charles Paquet s’élancer en Séries mondiales ou en Coupes du monde.

Le stress des chutes

À l’image de Julie Gagné, Chantale Tremblay a elle aussi suivi son fils Antoine Duchesne assidûment dans les plus grandes courses cyclistes, dont le Tour de France et les Jeux olympiques de Rio. Le décalage horaire n’était pas un problème pour elle non plus.

« S’il courait, je ne dormais pas pendant deux jours, peu importe la course qu’il faisait. Avec le décalage horaire, je me levais à 3 heures ou 4 heures du matin et je ne manquais pas une seconde. »

L’autre raison de son insomnie c’était la crainte de le voir se blesser, ce qui est plutôt courant dans ce sport.

« J’ai tellement stressé pendant pratiquement 20 ans. J’ai vu chaque chute qu’il a faite. Il y a deux semaines (au Tour de Poitou-Charentes, à la fin août, NDLR), je l’ai vu tomber live et j’avais hâte qu’il me donne des nouvelles pour savoir ce qui se passe. Que sa retraite arrive, je suis très heureuse », a raconté la maman dans les minutes suivant la conclusion du Grand Prix cycliste de Québec, au lendemain de l’annonce de la retraite d’Antoine.

Lors de cette chute survenue en France, le cycliste s’était fracturé la main gauche.

C’est aussi en direct que Julie Gagné avait vu son garçon chuter en compétition, en vélo, avant que le peloton ne s’écrase sur lui. Elle ajoute aussi la fois où Alexis avait été hospitalisé à l’étranger et qu’elle a reçu un appel de l’ambassade canadienne pour l’informer de son état de santé à la suite d’un empoisonnement alimentaire. Une autre source d’inquiétude.

« Ça m’enlève ce stress-là, alors ça fait du bien », indique Mme Gagné, heureuse de voir la personne que son fils est devenu. « Je suis vraiment fière de son parcours et maintenant, pour lui comme pour moi, c’est le temps de passer à autre chose. »

Marc Duchesne, le père d’Antoine, est convaincu que son fils voudra retrouver la même adrénaline du peloton dans sa nouvelle vie.

« Comme Chantale le disait, il va peut-être faire autre chose d’aussi dangereux ou de différent, mais où il aura besoin de performer encore. Plus pour le plaisir et non professionnellement parlant. […] Je suis sûr que ça va être quelque chose de génial et d’actif, c’est évident. Il ne se retrouvera pas derrière un bureau ou dans un entrepôt. »

Demain, le témoignage de la mère de la fondeuse Cendrine Browne.

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