Bélanger et Monkhouse à une victoire du tableau principal
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Montréal, 17 décembre 2025 (Sportcom) – Sur la pointe des pieds et à son rythme, Mélanie Turgeon revient dans la sphère publique. Rencontrée au pied de la piste Flying Mile entre deux manches de la récente Coupe du monde de slalom géant de Mont-Tremblant, la championne du monde de la descente 2003 amorce son entrevue.
Rapidement, elle se retourne vers la skieuse Justine Lamontagne qui arrive derrière elle pour commenter sa descente et répondre aux questions des journalistes.
« Parlez-lui, parlez-lui ! » lance la skieuse retraitée, enthousiaste.
Reprise de l’échange avec l’ex-athlète. Elle encense ensuite Valérie Grenier à propos de son retour à la compétition après sa grave blessure subie en 2024. Turgeon continue de mettre les autres en valeur et garde une certaine pudeur lorsqu’on la questionne à son sujet. C’est quand le confrère Richard Boutin, du Journal de Québec, lui demande si elle est en train de revenir tranquillement dans le milieu du ski alpin que l’entretien prend une nouvelle direction.
« (Je reviens) juste aujourd’hui ! » lance l’ancienne athlète en rigolant.
Immédiatement, l’attachée de presse de l’équipe canadienne, Marie-Hélène Thibeault, lui fait l’accolade en ajoutant : « Non, mais ça c’est le début! (de son retour) »
Un retour à son rythme
La double olympienne baisse tranquillement sa garde et les nœuds commencent à se défaire tout doucement. Ce retour sous les projecteurs, après des moments personnels difficiles, est aujourd’hui possible grâce à cette petite poussée dans le dos venant de son amie et de plusieurs autres.
La revoilà en confiance et ensuite, elle s’élance, comme lorsqu’elle prenait place dans un portillon de départ.
« Oui, je suis beaucoup en retrait, mais j’ai eu des petits guides qui… (elle marque une pause). C’est ça. Il y avait des moments opportuns pour parler avec Nancy Greene (double médaillée et championne olympiques aux Jeux de Grenoble en 1968) à propos de l’inspiration et tout ça. Et il y a de bonnes personnes qui travaillent ici », poursuit-elle, en se retournant vers Thibeault pour lui faire un regard complice.
Cette dernière est demeurée en contact avec Turgeon au fil des ans et elle voulait que ce retour se passe selon les termes de son amie, comme elle l’indique.
« Je pense qu’elle a toujours senti qu’elle était la bienvenue, mais il fallait qu’on suive son rythme. Mais là, les étoiles se sont alignées pour cette édition de la Coupe du monde et elle était mûre et prête à revenir dans un bel état d’esprit. Elle a pu savourer toute la vague d’amour qui est venue à elle et ça, c’était beau à voir. »
Turgeon poursuit l’entrevue en répondant aux questions avec la même passion que lorsqu’elle skiait en Coupe du monde.
– Qu’est-ce qui te manque le plus de la compétition ?
« La vie d’athlète, c’est une vie extraordinaire ! On vit de notre passion. C’est notre travail, mais quand tu es au départ d’une course et que le parcours est parfait, il t’attend. C’est comme un artiste : il y a un canevas blanc et là, tu t’en vas créer ! » s’exclame la femme de 49 ans, aujourd’hui gestionnaire de projet et associée avec son conjoint dans une compagnie de construction résidentielle à Mont-Tremblant.
« Probablement que je ne retrouverai jamais ça dans une autre carrière, bien qu’en construction, il y a un parallèle à faire. Mais en ski, tu es seule au monde dans ton portillon de départ et ça, c’est un feeling extraordinaire que je chéris beaucoup à l’intérieur de moi. […] Je n’ai aucun regret, aucun mauvais souvenir. Ç’a été une extraordinaire et belle partie de ma vie, ç’a forgé la personne que je suis rendue maintenant. »
Cette pression d’être à son meilleur une journée donnée lui est encore utile aujourd’hui explique celle qui a signé huit podiums en Coupe du monde, dont une victoire.
« J’ai travaillé fort pour me développer dans d’autres sphères tout en gardant le professionnalisme, la rigueur que le sport nous développe. […] Performer sur le moment, dans le monde des affaires, c’est une belle habileté à avoir. Peut-être pas dans tous les domaines, mais le sport apporte ça et je le vis tous les jours. Performer sur le moment, je n’ai pas le choix. »
De retour au bas d’un parcours d’une Coupe du monde, Mélanie Turgeon s’est souvenue de l’importance pour la relève de côtoyer l’élite mondiale. Ce coup d’accélérateur sur sa motivation, elle y a eu droit elle aussi lorsqu’elle était enfant, bien avant d’être couronnée championne du monde.
« Le jeune, il est capable de voir les filles en personne, de les toucher, d’avoir un autographe. Les premières fois que j’ai rencontré les filles de l’équipe nationale, j’avais 8 ans et elles étaient venues s’entraîner au Relais. Laurie Graham, heille, ce sont des humains, pas des super-héros ! Le rêve devient plus accessible. Et après ça, de fil en aiguille, avec l’inspiration, le travail et la persévérance, les filles avancent. »
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