16 Juil - 2025 | par Louis-Michel Lelièvre

Un mélange d’expérience et de jeunesse aux Championnats du monde d’escrime

Nouvelle

Montréal, 16 juillet 2025 (Sportcom) – C’est une équipe toute québécoise qui représentera le Canada au sabre masculin des Championnats du monde d’escrime qui se tiendront du 22 au 30 juillet, à Tbilissi, en Géorgie. Les Olympiens des Jeux de Paris Farès Arfa et Olivier Desrosiers seront de la partie pour l’occasion, tout comme les recrues Roman Norris et William Han.

Sportcom est allée à la rencontre de l’équipe à l’entraînement, dans leur nouveau domicile, au troisième étage du Stade olympique.

Ce mélange d’expérience et de sang neuf est bien accueilli par l’entraîneur de l’équipe masculine Arthur Zatko.

« C’est une fierté d’avoir une équipe 100% québécoise aux Championnats du monde ! On a connu un excellent camp d’entraînement au cours des derniers jours. L’équipe est en transition et les jeunes veulent prendre leur place, ce qui est super positif », a raconté le pilote canadien.

« Tout le monde à un rôle bien précis : Farès amène de l’expérience, Olivier est fougueux, peu importe l’adversaire, alors que Roman et William, ce sont de grands joueurs qui insufflent un vent de fraîcheur incroyable, c’est une belle complémentarité. »

Aux Championnats panaméricains qui se sont déroulés à Rio, au Brésil, à la fin du mois de juin, Arfa et Desrosiers ont tous les deux réussi à atteindre le top-8 et tenteront de répéter l’exploit aux mondiaux.

« Je dois faire un top-16 aux Championnats du monde pour conserver mon classement mondial actuel, ou ne pas trop m’en éloigner. Réalistiquement, je crois que je vais devoir faire un top-8 aux mondiaux pour demeurer 16e. J’y vais pour ça, c’est certain, et si la possibilité d’une médaille se présente, je ne refuserai pas ça », a affirmé Farès Arfa.

« Je veux sortir des Championnats du monde sans regret et je veux être fier de mes performances, peu importe le résultat. Je veux être satisfait de la façon dont j’ai tiré. Dans la dernière année, particulièrement en Coupe du monde, j’étais assez bon lors des poules, mais c’était plus difficile une fois rendu dans les tableaux et l’objectif sera d’être plus constant après les poules cette fois afin de m’assurer d’obtenir un bon classement », a pour sa part commenté Olivier Desrosiers.

Farès Arfa aura la chance de pouvoir passer directement au tableau principal en vertu de son rang sur l’échiquier mondial, ce qui sera un énorme avantage selon lui, surtout qu’il est toujours ennuyé par une blessure à une jambe qu’il traîne depuis plus d’un an.

« C’est la belle vie de sauter les poules ! C’est encore difficile avec ma blessure, mais ça me permet d’avoir quelques matchs d’autonomie en début de compétition. C’est une déchirure au labrum de ma hanche, j’ai pris du repos après les Jeux, mais la blessure est revenue. On essaie toujours de bien gérer le tout, mais ça prendra une chirurgie pour guérir complètement. Après les mondiaux, on prendra le temps de s’attarder attentivement à tout ça. »

Quant à eux, Roman Norris et William Han vivront leur baptême de feu aux Championnats du monde. S’ils espèrent connaître du succès en individuel, leur attention sera également tournée vers le concours par équipe. Après une défaite difficile à avaler en finale des Championnats panaméricains face aux Américains, la troupe canadienne voudra offrir une performance à la hauteur de ses attentes en Géorgie.

« La compétition sera relevée aux mondiaux, je ne veux pas me concentrer sur les résultats, je veux seulement tirer de mon mieux. Si je me concentre sur mon escrime, les résultats devraient suivre. Ce sera la même chose en équipe, on va se battre à 100%, on a une excellente équipe et je suis persuadé qu’on va quitter la Géorgie en étant fiers de nous », a d’abord lancé Roman Norris.

« Je compte remplir mon bagage d’expérience aux Championnats du monde. J’ai participé à quatre Coupes du monde cette année où j’ai passé la ronde des poules à deux occasions. Je sais que je suis encore inconstant, mais je sais que ce sera possible d’améliorer ça en participant à plus de compétitions face aux meilleurs. En équipe, nous avons de grandes attentes parce que nous sommes huitièmes au monde, on ne vise rien de moins qu’un top-8 », a renchéri William Han.

Les premiers mondiaux de Zhi Jun Liu

Le Québec sera également bien représenté au sein de l’équipe féminine de sabre avec Zhi Jun Liu et Maria Shtrevensky qui, à l’instar de leurs compatriotes Norris et Han, participeront aux mondiaux seniors pour la première fois de leur carrière.

Zhi Jun Liu, étudiante en médecine à l’Université McGill, n’a pas voulu se fixer d’objectifs précis pour les mondiaux, souhaitant seulement tirer sans se mettre trop de pression.

« Ce sont mes premiers mondiaux, je veux me concentrer sur mon escrime et faire de mon mieux. Je sais que ce sera stressant, mais je veux être capable de gérer le tout. À l’individuel, je veux bien faire dans la ronde des poules et essayer de passer au tableau principal des 64. Le reste, ce sera du bonbon », a mentionné Zhi Jun Liu.

S’il s’agira de ses premiers mondiaux, Liu a eu l’occasion de connaître une première saison intéressante dans le circuit international senior, étant l’une des partenaires d’entraînement de Pamela Brind’Amour dans sa préparation pour les Jeux olympiques de Paris.

« C’est la première saison où je participe aux Coupes du monde, c’est incroyable de se mesurer aux meilleures au monde sur une base régulière. J’avais eu un petit avant-goût l’an dernier en côtoyant Pamela. Je m’entraînais avec elle tous les jours et j’ai participé aux Championnats panaméricains avec elle, ce qui m’a donné confiance pour faire mon entrée officielle chez les seniors. Pamela m’a énormément aidée sur plusieurs aspects de la vie d’athlète », a-t-elle raconté.

Une présence rassurante

Une constance revenait lors de chacune des entrevues de Sportcom en compagnie des sabreurs québécois ainsi qu’avec l’entraîneur Arthur Zatko : la présence du vétéran Farès Arfa au sein de l’équipe est primordiale à plusieurs niveaux.

La formation masculine de sabre a subi plusieurs modifications après les Jeux de Paris, dont le départ de Shaul Gordon et François Cauchon, qui ont pris la décision de s’éloigner de l’escrime en ce début de nouveau cycle olympique.

Étant le plus âgé et le plus expérimenté toujours actif, Farès Arfa s’est imposé en tant que leader, au grand plaisir de son entraîneur.

« Farès a toujours été un leader naturel, mais il l’est plus particulièrement depuis les Jeux olympiques de Paris, a confié Zatko Pendant les compétitions, et même à l’entraînement, il prend le temps de discuter avec ses coéquipiers pour leur donner des conseils. Parfois, les commentaires d’un coéquipier sont plus faciles à accepter pour un athlète. C’est rassurant pour un entraîneur d’avoir Farès près des autres en tout temps. »

« L’équipe a beaucoup changé et je pense que c’est important d’être présent pour mes jeunes coéquipiers afin de pouvoir les guider dans la bonne direction. Je veux que, le jour où je vais tirer ma révérence, les jeunes soient prêts à prendre le flambeau, a de son côté poursuivi Farès Arfa.  L’escrime est un sport où on mature assez tard dans une carrière et c’est important que les jeunes demeurent patients. Je pense que c’est assez naturel pour moi de vouloir le meilleur pour mes coéquipiers en ce moment, mais aussi pour le reste de leur carrière. » 

Olivier Desrosiers, Roman Norris, William Han et Zhi Jun Liu s’estiment également tous chanceux de pouvoir côtoyer Arfa, autant à l’entraînement, qu’en compétition.

« Depuis le début de ma carrière, Farès a été super important, tout comme les autres vétérans. J’ai l’impression que ma progression a été doublée en ayant la chance de vivre des compétitions avec eux, particulièrement aux Jeux olympiques et la préparation pour s’y rendre. Farès est un mentor pour moi depuis mon arrivée », a avoué Olivier Desrosiers.

« Farès nous donne toujours beaucoup de commentaires constructifs à l’entraînement. Il comprend bien l’escrime, je ne suis pas gênée de réécouter mes matchs avec lui pour les décortiquer ensemble », a ajouté Zhi Jun Liu.

Malgré le top-8 de Farès Arfa aux Jeux olympiques de Paris, la médaille de bronze de la Britanno-Colombienne Eleanor Harvey et le top-4 de l’équipe féminine du fleuret, le financement des athlètes est toujours un enjeu d’actualité. Les athlètes doivent souvent voyager sans entraîneur lors des compétitions internationales et les membres des équipes nationales seniors n’ont pas reçu d’équipement en début de saison, comme c’est habituellement le cas.

Dans ce contexte particulier, Arfa s’est une fois de plus levé en meneur, notamment en se mettant à la recherche de commanditaires en plus d’épauler ses coéquipiers lors des compétitions.

« C’est une très bonne chose d’avoir un grand frère comme Farès dans notre équipe. Il a beaucoup d’expérience, et en plus, il est dans le top-16 mondial, ce qui lui donne la chance d’être sur les lignes de côtés avec nous le premier jour des compétitions. Il travaille extrêmement fort à l’extérieur des matchs et des entraînements pour voir à ce que l’escrime au Canada se porte le mieux possible. Ce sont des trucs que les gens ne voient pas, mais qui font une différence incroyable pour nous », a conclu Roman Norris.

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