Un scénario crève-cœur qui se répète
Montréal, 16 juillet 2026 (Sportcom) – Les volleyeurs canadiens étaient en contrôle, mais le vent a tourné en fin de troisième manche…
Photo: Patinage Canada
Montréal, 13 janvier 2026 (Sportcom) – Marjorie Lajoie et Zachary Lagha ont pris « une coche de maturité » au cours du dernier cycle olympique. Un monde sépare désormais les patineurs artistiques qui participaient à leurs premiers Jeux en 2022 et ceux qui concourront à Milan-Cortina cet hiver.
« Il y a eu une coche de maturité. Avant, je les appelais mes super kids, mais maintenant, ce ne sont plus des enfants », a souligné Marie-France Dubreuil en riant, elle qui entraîne les danseurs depuis plusieurs années à l’Académie de glace de Montréal.
Ce développement s’est fait sentir aux entraînements, aux compétitions et même en entrevue, par une aisance plus prononcée et une confiance assumée dans leurs réponses.
« Ce sont deux jeunes adultes super intéressants et très différents. La façon qu’ils se regardent n’est plus pareille, la façon qu’ils bougent ensemble n’est plus la même. Tu sens qu’il y a du vécu », a renchéri Dubreuil, rencontrée au Centre Slush Puppie lors des Championnats canadiens, dernière ligne droite du processus de qualification olympique.
Lajoie et Lagha, 13es des Jeux olympiques de Pékin, y ont décroché la médaille d’argent en danse sur glace pour une deuxième année de suite, derrière les Ontariens Piper Gilles et Paul Poirier, également vice-champions du monde en titre.
Les deux duos se retrouveront aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Marie-Jade Lauriault et Romain Le Gac, médaillés de bronze à Gatineau, en seront quant à eux à une deuxième présence aux JO, mais une première avec le Canada. Ils avaient représenté la France à Pyeongchang, en 2018.
« Ça s’est bien passé, mais j’étais très nerveux. L’entraînement allait si bien, on voulait vraiment connaître une bonne performance pour la foule, nos entraîneurs et pour nous. On est contents de la façon dont on a géré cette journée », a déclaré Zachary Lagha.
« Le programme libre est plus lent, alors même si tu es stressée, tu peux avoir un peu de temps pour te retrouver. Le court, ça va tellement vite, tu dois te calmer dès le début. On est toujours stressés en compétition, ça fait partie de la beauté de la compétition d’avoir de petits papillons », a ajouté Lajoie.
Un style propre à eux
Le moment fort des deux Québécois depuis les Jeux de Pékin a été leur cinquième place obtenue aux Championnats du monde de 2024, au Centre Bell.
L’an dernier, ils ont glissé au septième rang de la compétition. Une « légère baisse de régime » qui a incité le duo a remanié ses cartes, comme l’a indiqué Marie-France Dubreuil en entrevue. On avait d’ailleurs senti ce désir de changement lorsque Zachary Lagha avait mis de côté le costume bleu d’Austin Powers pour le reste de la saison 2024-2025.
« Le style faisait plus jeune et ça ne collait plus. Ça prenait un départ vers une autre direction, a confirmé Dubreuil. Cet été, ils se cherchaient un peu dans ce qu’ils avaient envie de faire pour les Jeux olympiques. On a eu des remises en question, mais une fois que tout s’est aligné et qu’ils ont décidé d’ouvrir la machine pour aller au second niveau, tout s’est amélioré super vite. »

Définir un style n’est pas chose simple en patinage artistique. Certains athlètes n’arriveront jamais à trouver leur propre signature. Le défi, toujours selon l’entraîneure, est de « retirer le cerveau de l’équation ».
« Tu peux avoir des stratégies sportives et de bonnes aptitudes, mais pour la création, il faut avoir un certain instinct pour offrir quelque chose qui n’a pas déjà été fait. On a essayé de rayer tout ce qui était cérébral et pour leur style, ils sont en train de se redécouvrir en tant que jeunes adultes. »
Zachary Lagha et Marjorie Lajoie abondent dans le même sens.
« Il faut faire confiance en nos instincts. C’est bien d’analyser, mais à un moment donné, ça va un peu à l’encontre de l’art et de la danse de penser tout le temps. Il faut laisser notre corps réagir à la musique », a expliqué Lagha.
« Ce qu’on a fait cet été, c’est créer une vraie équipe autour de nous au lieu d’être seuls au monde sur la glace, a poursuivi Lajoie. On est bien entourés, on peut partager notre stress et tout ce qu’on veut. On a un safespace et on a vraiment développé cette connexion d’équipe. Celle entre Zach et moi aussi, ça fait une grosse différence. »
La réflexion a mené à un programme court présenté sous des chansons qu’on a l’habitude d’entendre dans les stades, allant de Get Ready à Thunderstruck. Toutes les équipes doivent danser leur programme rythmique sur la musique des années 1990 pour la saison 2025–2026.
Au programme libre, Lajoie et Lagha ont repris leur programme qu’ils effectuaient en 2022-2023, saison où ils n’ont pas pris part aux Championnats du monde. Le duo estimait qu’il ne l’avait pas poussé au bout de son plein potentiel. Une danse libre nommée « The Rebirth », comme elle a été ramenée à la vie.
« C’est un programme qu’ils ont fait en tant qu’enfants et qu’ils apportent maintenant à un autre niveau », a résumé Marie-France Dubreuil, fière du travail effectué par ses protégés.
« Le programme libre représente vraiment bien notre style, on aime beaucoup la gestuelle de ce programme. C’est doux, très agréable à faire. Le court est un peu plus physique, c’est un peu plus du old school Marjo-Zach, mais c’est cool d’avoir ça aussi dans notre arsenal », a décrit Lagha après l’annonce de l’équipe olympique canadienne.
Lui et sa partenaire de longue date ont entamé la présente saison avec une médaille d’or au Trophée Budapest, en Hongrie. Ils ont ensuite mérité le bronze aux Internationaux Patinage Canada et l’argent à Skate America. Des résultats prometteurs en vue du grand rendez-vous olympique, où le calibre s’annonce particulièrement relevé à l’aréna de Milan.
« On peut s’attendre à tout. Bien franchement, très peu de choses vont séparer la dixième place de la troisième. C’est excitant en ce moment, le top-10 mondial offre du super bon calibre », a analysé Marie-France Dubreuil, qui a su trouver les mots justes en guise de conclusion.
« Il y a des styles différents, mais tout le monde pourrait créer la surprise. Il faut avoir l’œil brillant, le cœur vaillant et croire en son étoile. »
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