14 Oct - 2026 | par Mathieu Laberge

Judo

Catherine Beauchemin-Pinard à la croisée des chemins

Nouvelle

Montréal, 14 octobre 2026 (Sportcom) – « Quand je perds, je me dis que je ne veux pas finir sur une défaite, mais quand je gagne, je me dis que je suis encore de niveau ! Pourquoi j’arrêterais ? »

C’est ce que mentionnait Catherine Beauchemin-Pinard en entrevue, il y a un peu plus d’un an. Au début mai, au Grand Chelem d’Astana, l’athlète a subi une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche.

Cette blessure aurait pu la convaincre de tirer un trait immédiat sur sa carrière d’athlète, mais elle a plutôt choisi d’éviter l’opération afin de participer à ses 11es Championnats du monde seniors la semaine dernière. Décidée à ne pas replonger dans le prochain processus de qualification olympique, la judoka de 32 ans se demande maintenant s’il s’agissait de sa dernière compétition internationale.

Afin d’être présente aux mondiaux disputés en Azerbaïdjan, l’athlète de Saint-Hubert et son équipe ont fait le pari de se concentrer uniquement sur le processus de réadaptation.

« Quand j’ai eu ma blessure, je ne voulais absolument pas finir (ma carrière) là-dessus. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de continuer sans opération parce que si je la faisais, je me disais que je n’étais pas sûre que j’allais revenir. Maintenant, il reste à voir, justement, s’il va y en avoir d’autres (compétitions) ou si c’était ma dernière. »

Après une longue absence des tournois internationaux, Beauchemin-Pinard a finalement remporté deux combats et subi un revers à ces Championnats du monde. La médaillée d’argent des mondiaux de 2025 a eu besoin de plus de 3 minutes de prolongation pour vaincre la jeune Bulgare Yoana Manova à son premier combat. Les doutes à savoir si elle avait pris la bonne décision le printemps dernier auront été de courte durée.

« Côté mindset, j’étais vraiment contente d’avoir passé à travers ce premier combat-là après cinq mois sans compétition. »

Elle a eu le genou enrubanné pendant le tournoi et a senti une légère douleur une ou deux fois, mais pas au point d’affecter ses manœuvres pendant ses trois affrontements.

À son deuxième duel, l’athlète affrontait sa rivale de longue date, la Brésilienne Rafaela Silva, championne olympique à Rio en 2016 chez les moins de 57 kg, catégorie où combattait également la Québécoise qui vivait alors ses premiers Jeux. Mercredi dernier, les deux s’affrontaient pour une neuvième fois sur la scène internationale. Beauchemin-Pinard l’a emporté, portant sa fiche à 5 victoires et 4 défaites.

Une autre judoka de haut niveau l’attendait au troisième tour : la Française Clarisse Agbegnenou, triple médaillée olympique et six fois championne du monde. Cette dernière a eu le meilleur dans un duel où la représentante canadienne a été « trop gourmande », mais pas intimidée d’affronter une autre pointure de taille, malgré une préparation limitée.

« J’étais très confiante avec les combats que j’ai faits à l’entraînement à Montréal. Ma réadaptation a vraiment été numéro un et il n’y a pas eu de régression. Tout a été comme prévu dans les cinq phases où il y en avait une par mois. Oui, j’ai eu des moments de doute à l’entraînement, mais sinon, tout allait super bien. »

Son entraîneur Antoine Valois-Fortier sait parfaitement par quoi est passée son ancienne coéquipière, lui qui a aussi connu son lot de blessures lorsqu’il était athlète.

« Après tout ce qu’elle a traversé cet été, de revenir, puis, mine de rien, battre la Brésilienne qui est dans le Top-4 au monde, ce n’est pas rien. La Bulgare est aussi une jeune qui monte, puis de vraiment tenir tête à Clarisse qui est une légende dans cette catégorie-là, je pense qu’elle n’a pas du tout à rougir de sa performance. […] Retarder l’opération, je pense que c’était la bonne décision à prendre pour arriver, puis se donner le plus de chances possible de performer. »

La suite

Et maintenant, quelle est la suite pour la seule judoka québécoise médaillée olympique ?

« Je ne pense pas faire la route de la sélection pour les prochains Jeux olympiques. Je vais revenir à la maison, puis on va regarder ça avec Antoine (Valois-Fortier). On va prendre une décision finale éventuellement. Je ne suis pas prête à le dire aujourd’hui (qu’elle annonce sa retraite sportive), mais ça ne s’écarte pas », poursuit celle qui a obtenu le bronze, à Tokyo, en 2021.

Elle compte également 12 médailles en Grand Chelem et quatre à des Championnats du monde seniors et juniors.

Ses autres certitudes sont qu’elle ne prévoit pas prendre de rendez-vous pour une chirurgie à son genou et qu’elle continuera à travailler à titre de fiscaliste dans un bureau de comptabilité trois jours par semaine.

« Je suis aussi en train de finaliser ma maîtrise en fiscalité en ce moment et vais obtenir mon CPA (comptable professionnel agréé) l’année prochaine. Je suis bien occupée et c’est ma sortie du judo qui m’attend si on veut. »

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